Laëtitia Payen
Laëtitia Payen ©Radio France - .
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Journée mondiale des troubles bipolaires : Laëtitia Payen autrice de Mon enfant cyclone, le tabou des enfants bipolaires et présidente de l'association Bicycle, association d'aide aux familles d'enfants et d'adolescents ayant un trouble de l'humeur est l'invitée du 6h20.

C'est un témoignage poignant, parfois dérangeant, qui interpelle. Laetitia Payen signe le livre "Mon enfant cyclone", avec la journaliste Catherine Siguret, pour évoquer le tabou des enfants bipolaires. Elle y parle de son fils, Stan, qui lui a fait vivre un enfer au sens propre du terme pendant plusieurs années. "En fait, ça a commencé dès sa naissance. C'était un enfant qui était compliqué et difficile. Il dormait peu. Il pleurait beaucoup. Mais au début, il a eu beaucoup de problèmes de santé physique. Il a eu plusieurs hospitalisations et il a dû être opéré. Donc, au départ, on mettait ça sur de ses soucis de santé. Et puis, après ses deux ans, les troubles du sommeil ont perduré et tous les gestes de la vie quotidienne sont devenus extrêmement compliqués. Ça pouvait être mettre son manteau, aller au bain, le mettre dans son siège auto."

Il y avait une intolérance à la frustration qui était extrême et ça a entraîné des crises d'une intensité terrible qui pouvait durer plusieurs heures et avoir lieu plusieurs fois par jour. Il n'était que rage."

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Ce n'est qu'à l'âge de 5 ans que Stan est diagnostiqué : "J'ai beaucoup cherché. Je retournais tout Internet dès que j'avais un instant. Et puis, un jour, je tombe sur le site d'une association, Bicycle qui vient en aide aux familles, aux enfants et aux adolescents qui souffrent de troubles bipolaires. Et là, c'est la révélation. C'est l'histoire de notre vie." On manque de pédopsychiatres en France, ce qui a de grandes conséquences sur la prise en charge des enfants : "Il y a une vraie méconnaissance en France sur les troubles bipolaires. Aujourd'hui, on prend les critères diagnostic de l'adulte, qui sont des critères différents de l'enfant, et en plus les critères de la forme de la bipolarité typique et caricaturale. Du coup, souvent, on passe à côté de ce diagnostic chez l'enfant parce qu'on attend une crise maniaque caractérisée qui est extrêmement rare chez l'enfant avant 15 ans."