Dominique Soppo, président de SOS Racisme.
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Dominique Soppo, président de SOS Racisme. ©Radio France - France Inter
Dominique Soppo, président de SOS Racisme. ©Radio France - France Inter
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SOS Racisme publie un nouveau testing sur la complicité de discrimination dans le secteur du travail temporaire. 45% des entreprises testées acceptent de répondre favorablement à une demande discriminatoire, d'après Dominique Sopo président de SOS Racisme est notre invité de 6h20.

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Dans son dernier "testing", l'association SOS Racisme près de la moitié des agences d'intérim ciblées. 45% d'entre elles ont accepté de discriminer à la demande de clients du BTP en répondant favorablement à une requête illégale : écarter des candidats de type non européen. "On pourrait penser, puisqu'on est sur des emplois peu qualifiés, avec beaucoup d'étrangers, que c'est un secteur à l'abri des discriminations". Mais l'on remarque que quand on demande à des agences d'intérim de discriminer, les demandes sont acceptées de façon assez larges avec même certaines personnes qui expliquent qu'elles ont l'habitude de ce genre de demandes", constate le président de SOS Racisme, Dominique Sopo. 

L'enquête a visé les 10 plus grandes agences d'intérim en France, soit près de 70 agences en Île-de-France. "55% refusent de discriminer, c'est-à-dire que 45% acceptent, soit en disant 'D'accord, nous enverrons que les profils européens' soit en disant 'On ne le fera pas mais vous le ferez quand vous aurez les profils', alors même que lorsque vous êtes un professionnel, vous n'avez pas le droit de laisser passer cela et de le dire."

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Pour mener ce testing, SOS Racisme "se fait passer pour des personnes qui appellent de la part d'une entreprise, sont en situation de recruter et recherchent des manutentionnaires mais disent qu'il ne faudrait pas envoyer des profils qui ne seraient pas européens". En réalité, les interlocuteurs "savent bien que les discriminations raciales sont interdites par la loi" mais "malgré cette connaissance, ils acceptent de commettre cet acte délictuel", regrette Dominique Sopo.

Le président de l'association souligne qu'aucune agence Adecco, "n'a été prise dans une parole d'acceptation de la discrimination". "Ça montre peut-être que l'entreprise [épinglée il y a 20 ans] que nous avons fait condamner, s'est mise au diapason des comportements non discriminatoires", espère-t-il, espérant "une prise de conscience de l'existence des discriminations", notamment à l'approche de la prochaine élection présidentielle.