Sylvestre Maurice
Sylvestre Maurice ©AFP - Christophe PETIT TESSON / POOL / AFP
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Sylvestre Maurice, astrophysicien, responsable de l’instrument SuperCam de la mission Persévérance, est l'invité de 6h20.

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Il y a un an, Persévérance se posait sur Mars. Le robot nous a déjà fourni des images d'une qualité jamais vue, et même du son. Avec Curiosity puis Persévérance, le million de tirs laser sur Mars a aussi été franchi : "C'est le domaine de la France, il y a 20 ans je suis allé voir un industriel français en lui disant que son laser était génial et qu'on l'emmenait sur Mars. Chaque tir laser, c'est une composition chimique de Mars qu'on découvre", explique l'astrophysicien Sylvestre Maurice.

Qu'est-ce que cela nous a appris ? "Nos instruments permettent d'analyser, à distance, de deux à 10 mètres, les roches, pour savoir de quoi elle est faite. On a même une deuxième couleur de laser, un laser vert, qui fait vibrer les molécules, et on sait comment les atomes sont attachés entre eux", détaille-t-il. "Nous sommes 100 pour piloter Perseverence, les uns veulent aller à droite, les autres à gauche, les uns veulent donner un coup de pelle, nous, nous voulons lancer des lasers. On écrit, un jour pour le lendemain, des lignes de codes, qui partent vers Mars, et le rover le joue. Le week-end dernier, il a fait 320 mètres d'un coup, nous sommes tellement fiers ! On parle d'une planète qui est à des centaines de millions de kilomètres", selon le chercheur.

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L'objectif du robot est de prélever des échantillons, "les plus variés possibles". "Quand les échantillons seront prêts, on les déposera sur le bord du chemin, et deux missions viendront de Terre pour les chercher", mais ceci n'arrivera pas avant 2031 : c'est là que l'on découvrira le plus d'éléments sur la composition de ces roches. "C'est une mission très complexe : les retours d'échantillons, c'est ce qu'on appelle le Graal", d'après Sylvestre Maurice, qui rappelle que si on l'a déjà fait avec la Lune, ça n'est encore jamais avec Mars.

Le robot a aussi réussi à récupérer du son de Mars : "C'est très utile, de connaître le paysage sonore. On ne le connaissait pas. On a fait des études : chaque tir de laser fait un "clac", et en écoutant ces "clac", on peut comprendre la vitesse du son sur Mars, comment la turbulence a une influence sur la propagation du son". A cela, il faut ajouter l'hélicoptère capable de voler au-dessus du sol, qui ramène lui aussi des éléments permettant de mieux comprendre la planète.