Stéphane Zumsteeg : "On est passé d'un contexte d'abstention honteuse à quelque chose de totalement assumé"

Stéphane Zumsteeg, directeur du département Opinion à l’institut Ipsos
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Stéphane Zumsteeg, directeur du département Opinion à l’institut Ipsos ©Radio France
Stéphane Zumsteeg, directeur du département Opinion à l’institut Ipsos ©Radio France
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Stéphane Zumsteeg est le directeur du département Opinion, à l’institut Ipsos. Il décrypte les résultats des élections régionales et départementales au micro de Mathilde Munos.

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Contre l'abstentionnisme, tous les partis avaient pourtant lancé un appel au sursaut républicain pour ce deuxième tour : "Plus personne n'écoute les consignes des partis politiques, certainement pas dans un entre-deux tour d'élection régionale" estime Stéphane Zumsteeg. "Ici l'abstention est encore plus spectaculaire au deuxième tour" explique le politologue. "On est passé d'un contexte d'abstention un peu caché, honteuse, à quelque chose de totalement assumé, une abstention militante. On a mené notre enquête cette semaine et les gens étaient à la limite de la fierté ". 

Pas d'alternance possible si l'abstention persiste

Que les sortants l'emportent dans plusieurs régions, c'est assez inédit, selon lui : "Les résultats ne sont même pas serrés. Ce qui ne fera pas les affaires dans les mois qui viennent de la participation. Une partie des abstentionnistes va se dire : 'Ce sont toujours les mêmes, rien ne change, il n'y a pas d'alternance', alors que c'est justement du fait de l'abstention qu'il n'y a pas d'alternance!". 

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Sur l'échec du RN lors de ces régionales, il analyse : "Le problème, entre autres, du RN, est qu'il n'a pas d'alliés au second tour, et de plus ici la marque Le Pen n'était pas représentée". Mais il prévient aussi : "C'est une contre-performance, mais ce serait une erreur de penser que l'électorat RN a abandonné son parti favori. Il lui a fait un faux-bond temporaire, notamment dans les milieux populaires, là où l'on a considéré que ces élections ne changeaient rien."

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