Loup Bureau
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Résumé

Loup Bureau, réalisateur et grand reporter, auteur du documentaire « Tranchées » (sortie en salle le 11 mai) est l'invité de Jerôme Cadet.

avec :

Loup Bureau (Photojournaliste).

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Loup Bureau explique pourquoi il a choisi ce terrain de documentaire. "Tout a commencé avec Maïdan en 2013 (la révolution pro-européenne sur la grande place de Kiev), puis la guerre a débuté dans le Donbass en 2014. Comme toute guerre qui perdure, on s’est un peu désintéressé de ce s’y passait", explique-t-il.

Retourner sur le terrain après la prison

En 2017, le journaliste sortait de 56 jours de détention en Turquie, où il purgeait une peine totale de 25 ans de prison pour un reportage sur une milice kurde. L'intervention de l'Etat français a permis de le libérer. "Il y a eu une remise en question énorme à ce moment là, pour savoir si j’étais près à prendre les risques nécessaires pour continuer à travailler sur ces terrains de guerre." Il décide finalement de retourner en Ukraine.

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J’avais envie de continuer à travailler sur la guerre en Ukraine parce que c’est un pays que j’aime profondément, j’y ai des amis et il continuait d’y avoir des bouleversements assez importants.

"C’est la particularité du documentaire de guerre : c’est un genre assez rare car ça demande qu’on reste énormément de temps et donc on prend d’autant plus de risques."

Filmer le quotidien des soldats dans les tranchées

Le documentaire filme le quotidien des soldats dans cette guerre de tranchées, de manière très rapprochée. "J’ai retrouvé dans cette guerre beaucoup d’aspects de ce que j’avais vécu en détention : cette léthargie, ces questionnements existentiels très forts qu’on peut avoir."

Paradoxalement dans les tranchées, qui est un univers très violent, il y a aussi une fragilité, une humanité des soldats très forte que je voulais montrer à travers mon film.

Comment a-t-il eu accès ce terrain de reportage ? "C’est un commandant local que je connaissais, qui est devenu un ami très proche, qui m’a négocié cet accès dans la 30ème brigade de cette armée ukrainienne", explique Loup Bureau.

Ça a été extraordinaire car normalement les journalistes doivent passer par un attaché de presse de la brigade, on ne peut pas tout filmer car on est sur une zone militaire, mais moi j’ai été complètement intégré.

Quant aux profil des soldats rencontrés, "ce ne sont pas des militaires professionnels. Ce sont des engagés sur des périodes de deux à trois ans. (...)  Il y a les très jeunes qui décident de s’engager car économiquement l'Ukraine est un pays dans lequel il est difficile de vivre. Le salaire moyen d’un soldat sur le front est environ 900 euros, ce qui équivaut à trois fois le salaire moyen en Ukraine."

Selon lui, "on a sous estimé cette résistance : énormément de jeunes, des dizaines de milliers, se sont formés au maniement des armes car la guerre n’a jamais cessé". Lui-même se dit tout de même "surpris de la manière dont les Ukrainiens ont pu tenir jusqu’alors". Il estime "très difficile" de pronostiquer l'issue de la guerre.

Les chances de l’armée ukrainienne de tenir sont de plus en plus importantes avec le temps.

Références

L'équipe

Jérôme Cadet
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