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La comédienne Lætitia Dosch lors de la cérémonie d'ouverture du festival Lumière en octobre 2020 ©AFP - Nicolas Liponne / Hans Lucas
La comédienne Lætitia Dosch lors de la cérémonie d'ouverture du festival Lumière en octobre 2020 ©AFP - Nicolas Liponne / Hans Lucas
La comédienne Lætitia Dosch lors de la cérémonie d'ouverture du festival Lumière en octobre 2020 ©AFP - Nicolas Liponne / Hans Lucas
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Résumé

Laëtitia Dosch, comédienne, est l'invitée d'Hélène Roussel à 7h50 pour son rôle principal dans "Passion Simple", réalisé par Danielle Arbid et adapté de l'oeuvre d'Annie Ernaux.

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Laëtitia Dosch est à l'affiche de "Passion simple", film de Danielle Arbid adapté du roman d'Annie Ernaux. "J'avais beaucoup lu Annie Ernaux, c'est une autrice qui m'a beaucoup fait grandir en tant que femme : elle met des mots sur des périodes de la vie, sur des sentiments, elle le fait précisément", raconte-t-elle.

"La passion, ça dévore, mais ça anime aussi : on découvre des désirs qu'on ignorait", explique Laëtitia Dosch, à propos de son personnage dans le film. "Cette femme, c'est aussi quelqu'un qui éclot à travers cette histoire : il lui manque quelque chose, elle va redécouvrir son désir. C'est long de devenir une femme, on n'est pas en territoire conquis. Cette femme, elle a découvert plein de choses d'elle, et elle se prend sa sexualité dans la figure". 

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"On a de plus en plus de mal à être casé"

Cette histoire d'une femme indépendante qui devient soumise aux désirs de son amant est-elle vraiment aux antipodes des thèses féministes ? "Ces histoires, on les a dans le cœur, de toute façon elles existent, je ne vois pas pourquoi on aurait honte d'en parler", dit Laëtitia Dosch. "Notre période remet beaucoup en cause des valeurs morales. On a de plus en plus de mal à être casé, à être casable, à savoir ce qu'est être féministe, et le plus important, c'est de voir des gens suivre leur voir. Cette femme se construit à travers cela". 

"C'est un beau parcours, elle découvre des choses que d'autres ne découvriraient pas. J'aimerais qu'il y ait 40 000 féminismes, et qu'ils s'engueulent"

Assumer son désir, "cela demande une grande liberté", selon la comédienne. "C'est une découverte de soi, et dès qu'on progresse sur soi en tant que femme, on est féministe". 

"J'étais amoureuse de quelqu'un quand je tournais ce film, j'étais un peu comme elle, comme ce personnage. C'est aussi pour ça qu'on joue des rôles, pour sortir des secrets, des souffrances ou des plaisirs. Ca m'a permis guérir de cette histoire, de faire ce film", raconte Laëtitia Dosch. 

"A chaque fois qu'on fait l'amour, on change"

Il y a beaucoup de scènes de sexe dans le film, à tel point que la plupart des actrices ont décliné le film, mais "on parle de scènes de sexe, ce sont des scènes d'amour entre un homme et une femme, physiques, qui sont toutes différentes. S'il y avait huit scènes de petit déjeuner, elles seraient toutes différentes, alors pourquoi pas huit scènes de sexe différentes", explique-t-elle, disant que parler du rapport physique de façon si précise "nous met face à notre humanité : à chaque fois qu'on fait l'amour, même avec la même personne, on se parle, on change, c'est vivant". 

"Je me suis sentie regardée de fond en comble, autant dans le cœur que physiquement", raconte Laëtitia Dosch, qui compare le film de Danielle Arbid, tourné sur pellicule, aux films de Truffaut ou de Buñuel. 

"J'ai suivi le bouquin, et tout est marqué dans le bouquin, de ce qu'il faut jouer. C'est très très précis". 

"Je m'inspire d'Annie Ernaux et je la suis, comme je m'inspire et suis Danielle Arbid", explique la comédienne. Laëtitia Dosch a reçu un message de l'autrice : "Je crois qu'elle est très touchée par le film, par la liberté du film, par la fidélité du film".

54 min
Références

L'équipe

Léa Salamé
Léa Salamé
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Production