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Alexis Michalik ©AFP - Joel Saget
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Le dramaturge Alexis Michalik est l'invité de Léa Salamé. Il met en scène pour la première fois en France la comédie musicale culte de Mel Brooks : "Les Producteurs", au théâtre de Paris à partir du 2 décembre.

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Alexis Michalik (Auteur).

Pourquoi ce “musical” n’avait-il jamais été monté en France ? “Je me demande bien, mais j’en suis très content parce que du coup ça me donne l’opportunité de le faire ! Plusieurs personnes ont essayé de le monter, et n’ont pas réussi, les droits se sont perdus, on cherchait les bonnes têtes d’affiche… Jusqu’au jour où quelqu’un est arrivé pour faire un vrai spectacle de troupe, avec des artistes qui ont du talent et pas forcément des têtes d’affiche !”

“De spectacle en spectacle, j’ai essayé d’avoir de plus en plus d’acteurs, et des théâtres de plus en plus gros", s'enthousiasme le metteur en scène. "Là, on tente le coup avec 16 artistes sur scène ! On a reçu 2.000 candidatures, on en a vu  peu près 150. C’est une troupe où tout le monde est polyvalent, ils savent chanter, danser, jouer… Il y a aussi sept musiciens en plateau. C’est un rêve de gosse, pour moi !”

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"Faire venir des gens qui a priori ne viendraient pas pour une comédie musicale"

Comment expliquer la différence culturelle entre la France et les États-Unis, où les comédies musicales marchent mieux et ont bien meilleure réputation ? “On a une tradition d’opérette, de vaudeville, on a toujours aimé la comédie musicale” en France, assure Alexis Michalik. “La différence, c’est qu’aux États-Unis, c’est un marché bien plus gros que le marché français. Les touristes viennent à Broadway pour aller voir des comédies musicales. Donc ça entretient un système avec plus d’artistes, plus de chanteurs, plus de danseurs, plus de metteurs en scène, plus de théâtres… Alors que nous en France, on en est réduit à un petit public. Or ça coûte plus d’argent à produire qu’un spectacle avec cinq comédiens ! Donc l’économie américaine ou anglaise le permet, en France on est limités.”

Pour lui, l’humour de Mel Brooks (qui a créé le film original en 1968) est “un humour qui traverse les frontières. Il y a évidemment dans l’original quelques références à un humour très new-yorkais, qu’on essaie d’adapter à un public français, mais à part ça c’est un humour de comédie musicale, avec des gags visuels, et je pense que ça peut intéresser un public global. On va essayer de faire venir des gens qui a priori ne viendraient pas pour une comédie musicale, qui vont venir pour la comédie puis rester pour l’histoire, et repartir en se disant qu’ils ont envie de revoir une comédie musicale.”

"Le seul sujet politique, c’est de réduire les inégalités sociales"

Alexis Michalik ajoute donc un genre à son arc, mais évite toujours le théâtre politique. “Tout acte créatif est politique d’une manière ou d’une autre", tempère-t-il. "Simplement, la façon dont je vais exprimer ma politique, ce n’est pas dans ce que je raconte mais dans comment je le raconte. Par exemple, je n’ai pas de tête d’affiche. Déjà, ça dit quelque chose : mon théâtre est un théâtre égalitaire, où il n’y a pas de hiérarchie dans les rôles, ils sont tous au service d’une histoire, ils ont tous le même salaire quel que soit la pièce. C’est utopiste, mais j’ai l’impression que quand on réduit les écarts de richesse, un pays est plus heureux. Le seul sujet politique à mon sens, c’est de réduire les inégalités sociales.”

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Léa Salamé
Léa Salamé
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