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Christiane Lambert, présidente de la FNSEA ©AFP - SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas
Christiane Lambert, présidente de la FNSEA ©AFP - SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas
Christiane Lambert, présidente de la FNSEA ©AFP - SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas
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Résumé

Christiane Lambert, présidente de la Fédération Nationale des Syndicats Agricoles (FNSEA), est l'invitée d'Hélène Roussel à 7h50.

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Dans quel état sont les cultures en cette mi-août ? “Les agriculteurs sont extrêmement inquiets”, dit Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). “Les cultures sont sous la pluie, chez moi ce matin il pleut encore, 50% du blé n’est pas moissonné”, explique l’agricultrice du Maine-et-Loire. “Au 26 juillet, d’habitude, la moisson est terminée en France (...). Dans certaines régions, la moisson n’a pas commencé, car il faut 3 à 4 jours de sec consécutif pour commencer à moissonner”. 

Du côté du vin, “nous ne manquerons pas de vin parce que nous avons du vin en stock, c’est un produit qui se fait sur plusieurs années, mais nous allons manquer de récoltes et de vendanges et ça va peser sur les récoltes”, dit-elle. “Et c’est la loi du marché : quand un produit est rare, il devient cher”, explique Christiane Lambert, qui dit, donc, que “le climat joue très directement sur les quantités récoltées et donc sur les prix”. 

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Une agriculture sous perfusion constante ?

Après le plan d’aide décidé après l’épisode de gel du printemps - qui n’a pas entièrement épongé les pertes, rappelle Christiane Lambert, “la question se pose maintenant de savoir comment les agriculteurs vont passer le cap”, pour ceux qui ne peuvent pas moissonner leurs cultures. 

Cela signifie-t-il, entre tous ces épisodes climatiques difficiles, que l’agriculture est amenée à être sous perfusion constante des aides ? “Non, ce que nous souhaitons dire surtout, c’est que ce changement climatique que tout le monde constate, les agriculteurs s’y sont adaptés. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas changer : là où il y a de l’herbe, on ne peut pas mettre autre chose. Il faut avoir des outils de prévention. Quand on demande de l’irrigation pour lutter contre la sécheresse, c’est nécessaire parce que la sécheresse fait des dégâts”, explique Christiane Lambert, rappelant qu’il y a eu trois sécheresses les trois étés précédents.

"C'est à tout un chacun d'agir, et nous l'avons fait"

Alors que les rapports - dont celui du Giec, attendu ce lundi - sont de plus en plus alarmants, n’y a-t-il pas quelque chose de paradoxal quand la France continue à mettre du cuivre dans les vignes et des néo-nécotinoïdes contre les abeilles ? "Ça n'a rien à voir avec le climat. Ca, c’est la biodiversité, et sur ces points aussi il y a des efforts qui sont faits. Le Giec tire la sonnette d’alarme, il a raison, car tous les secteurs sont concernés, quand je vois certaines personnes qui ne trient pas leurs déchets, ou que la France est championne du monde des piscines individuelles, est-ce sérieux ? C’est à tout un chacun d’agir, et nous, agriculteurs, nous l’avons fait”, assure-t-elle, disant que la production de lait dégage 23% de gaz à effet de serre de moins qu’il y a 15 ans. 

La Politique agricole commune conditionne 25% des aides à des pratiques vertueuses pour l’environnement. “Les agriculteurs français devront être prêts et nous allons les accompagner”, dit la présidente de la FNSEA. “Ca va être une montée en qualité environnementale pour tous les agriculteurs (...) mais ça coûtera aussi peut-être plus cher à produire, et j'espère que nos amis consommateurs seront au rendez-vous”.

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L'équipe

Léa Salamé
Léa Salamé
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Production