Alain Minc
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Alain Minc ©AFP - Lionel BONAVENTURE / AFP
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Alain Minc, économiste et essayiste, est l'invité de 7h50. Il explique son ralliement à Valérie Pécresse en vue de la présidentielle.

Avec
  • Alain Minc Essayiste, conseiller en entreprise, ancien président du conseil de surveillance du Monde

Il y a quatre mois, Alain Minc affirmait que ce serait un signe d'Alzheimer de ne pas soutenir Emmanuel Macron. Le voici aujourd'hui soutien de Valérie Pécresse. Doit-on s'inquiéter ? "C'était une réponse à un moment où je ne pensais pas que Pécresse gagnerait cette espèce d'alchimie bizarre qu'a été la primaire des Républicains", répond-il. Mais alors, pourquoi son soutien ? "On vit un cycle électoral à quatre tours : la théâtralisation amène à parler du premier tour et éventuellement du deuxième tour".

"Emmanuel Macron n'a pas bâti de parti, il n'y a pas organisation plus gazeuse qu'En Marche, dont la seule décision en un an a été d'acheter un siège social pour 30 millions d'euros dans le 8e arrondissement"

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**"**Il n'y a guère de chance qu'Emmanuel Macron ait une majorité, on peut même dire que le jour du deuxième tour des législatives, Edouard Philippe se met à son compte, François Bayrou retrouvera son autonomie", craint-il. "Le tout dans un contexte auquel on ne pense pas : la réforme constitutionnelle de 2008 qui fait que le président de la République ne sera plus rééligible, et il n'y aura plus de 49-3", explique Alain Minc, pour qui une coalition serait inédite depuis les élections de 1956.

"On ne peut pas dire que le parlementarisme soit une spécificité française. Et s'il y a un homme qui est inapte à ça, c'est Macron : on ne demande pas à Bonaparte de devenir Talleyrand"

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Selon Alain Minc, Emmanuel Macron n'est pas capable de faire des alliances avec la droite libérale et la gauche social-démocrate. "Les ralliements de Le Maire et Darmanin sont des ralliements individuels, or si on se retrouve dans cette situation parlementaire ce n'est pas un problème de ralliements individuels", précise-t-il. "Comme tout prestidigitateur de grand talent, il pense que parce qu'il a réussi la séance de 14 heures, il réussira celle de 17 heures", dit Alain Minc.

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A l'inverse, Valérie Pécresse aura, selon lui, la majorité si elle est élue, parce qu'on "revient à la politique classique". "Le problème, c'est qu'il n'y a pas le nouveau monde et l'ancien monde, il y a l'ancien monde avec des gens nouveaux", dit-il. "Valérie Pécresse aura un nombre d'élus important, elle fera une majorité avec quelques centristes, c'est la politique telle qu'elle existe. On ne change pas les choses comme ça d'un claquement de doigts. Les jeunes gens qui entourent Emmanuel Macron ont beaucoup rêvé, de ce point de vue".

Alain Minc analyse la méthode de Macron en séparant les concepts de "policy", les politiques qu'on mène, la vision globale, où il n'y a pas de problème, et "politics, la façon de faire tourner la marmite". "Barack Obama a fait la même chose aux États-Unis : il n'a pas pu gouverner. L'image que sa présidence a laissée est merveilleuse, la réalité politique est désastreuse", dit-il.

"Complaisance à l'égard de Zemmour"

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"C'est un drôle de pays, un pays où la gauche n'est qu'à 24%, ça veut dire que sur un certain nombre de sujets, il y a eu une sorte de glissement de terrain incroyable", selon lui, qui fustige "la complaisance à l'égard de Zemmour". "Je pense que beaucoup de journalistes sont comme des lapins dans les phares de la voiture tellement Zemmour, par son brio, son intelligence et sa rapidité, les impressionne. Et si Zemmour n'était pas juif, qu'entendrions-nous de la communauté juive, qui fait le minimum vital ? Enfin, heureusement que les grands intellectuels n'ont plus le poids qu'ils avaient : avez-vous entendu Onfray, Gaucher, Finkielkraut, dire qu'en aucun cas ils ne voteront Zemmour ? Jamais. Et j'ajoute un quatrième élément : il y a dans le succès de Zemmour la résurgence d'une espèce de bourgeoisie qui est un fleuve souterrain qui passait dans la société française et qui réapparait parce qu'elle a trouvé la martingale : trouver un juif pour taper sur les arabes".

Alors que Valérie Pécresse plafonne dans les sondages, peut-elle retourner la table ? Alain Minc répond qu'un seul chiffre l'intéresse : celui de l'abstention. "Si le taux d'abstention est très élevé, Marine Le Pen ne sera pas au second tour, parce que les classes populaires, qui votent pour elle, ne voteraient pas", explique-t-il, et inversement.

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Léa Salamé
Léa Salamé
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