Clément Beaune
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Clément Beaune ©AFP - Ludovic MARIN / AFP
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Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, est l'invité de 7h50, à la veille d'une journée de grève dans les transports publics et alors que la grève dans les raffineries se poursuit.

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Depuis deux semaines, les responsables politiques annoncent un retour à la normale rapide dans les stations d'essence. "C'est aujourd'hui encore la galère", reconnaît Clément Beaune, ministre délégué aux Transports. "La situation s'est déjà beaucoup améliorée dans certaines régions, comme les Hauts-de-France où la situation avait été la plus dure, grâce aux mesures qu'on a prises, de déblocage de stocks, de réquisitions ciblées", explique-t-il.

"On va mettre le paquet sur les régions où l'approvisionnement en essence est le plus difficile"

Il promet que les mesures du gouvernement vont permettre des améliorations "dans la semaine", mais que le retour à la normale, "à 100% d'approvisionnement partout, cela mettra du temps". "Je le dis avec humilité : cela met du temps de revenir à la normale, parce que les raffineries, ça prend du temps, donc ce serait sans doute pas avant la semaine d'après. Et je le dis aussi : la seule sortie concrète, c'est la sortie de la grève".

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Est-ce à dire que les Français qui prennent leurs vacances de la Toussaint vont devoir attendre à la pompe à essence ? "On prend des mesures pour que les Français galèrent le moins possible ; on va mettre le paquet sur les régions où c'est aujourd'hui le plus difficile, c'est là qu'on va mettre notre effort le plus important", dit Clément Beaune, détaillant les mesures comme le déblocage des stocks, la possibilité pour les camions de rouler plus, "et quand c'est nécessaire, les réquisitions".

"Une fois que les syndicats majoritaires ont signé, on doit reprendre le travail"

Est-ce une atteinte au droit de grève ? "Le droit de grève est constitutionnel, la Première ministre l'a rappelé (...). Simplement, quand les accords sociaux marchent, une fois que les syndicats majoritaires ont signé, on doit reprendre le travail (...). Et d'ailleurs, le fait que ce ne soit pas une atteinte au droit de grève est validée par le juge" là où la CGT avait déposé des recours.

Combien y a-t-il de grévistes ? "Quelques centaines, honnêtement on ne le sait pas exactement, mais peu importe, le résultat est le même. En revanche je ne reprends pas les termes qu'utilisait le président du Medef de prise d'otage", dit Clément Beaune. "Je suis d'accord que c'est une situation qui est insupportable pour les Français, mais il y a un droit de grève, il s'est exercé, on a donné toute sa chance au dialogue social, en revanche on a une responsabilité : quand on est allé au bout du dialogue social, il peut y avoir des réquisitions".

"Jusqu'à un train sur deux" perturbé à la SNCF

Dimanche, Elisabeth Borne a annoncé que la ristourne à la pompe serait prolongée. "Elle est prolongée, il y avait un calendrier de baisse de 30 centimes à 10 centimes par litre, ça, c'est décalé du 1er au 15 novembre", explique le ministre délégué. "Et il faut anticiper : s'il y avait un effondrement de la ristourne pendant les vacances il y aurait une ruée vers les stations".

Mardi, plusieurs syndicats appellent à la grève générale, y compris sur les transports : "Les perturbations seront importantes : à la RATP, elles sont limitées dans le métro, on espère un trafic normal, dans les bus ce sera plus compliqué (...). À la SNCF il y aura des prévisions dans la journée mais il y aura de fortes perturbations, d'une ligne à l'autre : certaines lignes seront affectée de type 1 train sur 2. Il faut que les Français qui peuvent décaler puissent l'anticiper".

Alors que le journal Libération fait sa une ce lundi sur la dégradation des transports franciliens, Clément Beaune reconnait "des situations très difficiles, il faut que chacun prenne ses responsabilités, c'est la région Ile-de-France qui a été le plus aidée pendant la crise Covid pour les transports. Je suis d'accord sur le fait que la région doit être soutenue : il y aura des moyens de l'État, mais il ne faut pas commencer la discussion en disant que c'est la faute de l'autre".

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