Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
vidéo
Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale ©AFP - Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas
Publicité
Résumé

Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et député MODEM des Hauts-de-Seine, est l'invité d'Alexandra Bensaid.

En savoir plus

Cette nuit, Emmanuel Macron a obtenu de Joe Biden et Vladimir Poutine de se rencontrer lors d'un sommet sur l'Ukraine. "Ça ne suffit pas du tout à garantir une désescalade", déclare Jean-Louis Bourlanges, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et député MODEM des Hauts-de-Seine. 

On est déjà en guerre, 1 500 obus ont été échangés dans le Donbass samedi.

Publicité

"On a un parcours de négociation qui se développe parallèlement à l'accentuation de la pression sur le terrain, qui est extrêmement violente", précise-t-il.

"Personne ne sait ce qu'il y a dans la tête de Monsieur Poutine"

Selon Jean-Louis Boulanges, "personne ne sait ce qu'il y a dans la tête de Vladimir Poutine", ni la forme que peut prendre cette guerre. En revanche, il déclare que "toutes les conditions de sécurité étaient là. Personne ne peut penser un seul instant que l'Europe menace."

Selon lui, Vladimir Poutine est provocateur. "C'est évidemment une agression caractérisée". "Il y a trois hypothèses" sur ce que recherche le chef d'État russe : "créer de la sécurité en Russie, le pourrissement de la situation en Ukraine car il ne faut pas qu'elle devienne une démocratie, une économie prospère, une seconde Pologne, ou l'annexion."

"Ce qui m'inquiète beaucoup (...) c'est la tentation de la fuite en avant"

Jean-Louis Bourlanges n'est pas favorable à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. "Faire passer une alliance militaire entre l'Ukraine et la Russie, c'est certainement une mauvaise idée. Mais il ne s'agit pas de dire unilatéralement 'c'est vous Monsieur Poutine qui allez déterminer ce que fait l'OTAN'. Il faut organiser un voisinage commun."

"Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que si les choses restent ainsi, Poutine aura perdu la partie", poursuit-il. "Il aura rétabli les Etats-Unis en Europe, il aura réintéressé à l'Otan des pays comme la Suède et la Finlande (historiquement neutres), et il aura constitué une nation ukrainienne en opposition vigoureuse à l'égard de la Russie. D'où la tentation de la fuite en avant."

Macron "est candidat, tout le monde le sait"

Macron "est candidat, tout le monde le sait", "le problème c'est qu'il n'est pas entré en campagne", selon Jean-Louis Bourlanges. "Est-ce que vous trouvez qu'au cœur de la plus grave crise internationale depuis la Seconde Guerre Mondiale, il doit entrer en campagne ?", questionne-t-il.

Ce n'est pas qu'il a raison, il n'a même pas le choix 

Références

L'équipe