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Caroline Fourest ©AFP - JOEL SAGET / AFP
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Résumé

Caroline Fourest, journaliste et essayiste, directrice du journal Franc-tireur, est l'invité de 7h50.

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Caroline Fourest (écrivain, journaliste et chroniqueuse aux Matins de France Culture).

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La Cour suprême a renversé le 24 juin l'arrêt Roe v. Wade qui avait ouvert la voie à l'avortement en 1973. Chaque État américain est désormais libre d'interdire l'IVG sur son sol, certains comme le Missouri sont déjà passés à l'action, et en tout c'est la moitié des états du pays qui pourraient basculer. Pour la journaliste Caroline Fourest, "c'est un peu comme le droit au blasphème, le droit à l'avortement est une de ces pierres cardinales qui annoncent toujours d'autres vents mauvais. Ce n'est pas que le droit à l'avortement qu'on renverse quand on renverse Roe v. Wade, on renverse une vision de la société qui est celle de la liberté individuelle, de l'autonomie des corps, de l'autonomie des consciences."

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"C'est surtout la victoire d'une immense bataille culturelle", poursuit l'essayiste, "d'une guerre culturelle qui est menée contre les femmes depuis un demi siècle aux Etats-Unis. Je pense que ça doit nous réveiller parce que souvent, on a du mal à faire comprendre ici en France, à quel point", le fondamentalisme "est quelque chose qui remonte partout dans le monde et qui a plusieurs visages. Aux Etats-Unis, il a le visage d'une droite religieuse chrétienne qui, depuis 50 ans, se bat pour reprendre le pouvoir sur le corps des femmes."

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L'un des juges de la Cour Suprême, Clarence Thomas, a expliqué vouloir revoir toutes les jurisprudences concernant le droit à la contraception, mais aussi les lois qui pénalisent l'homosexualité et les lois qui protègent le mariage pour tous*.* Roe v. Wade est donc une première étape : "Clarence Thomas a été nommé par George Bush. Mais tant qu'il n'avait pas la majorité et qu'on était vraiment à touche touche [en nombre de juges - Ndlr] entre conservateurs et démocrates, il était assez loyal. Et là, aujourd'hui, qu'il a cette majorité. Il se révèle, comme quelqu'un qui est très complexe. C'est quelqu'un qui vient de la lutte contre la ségrégation, qui est un descendant d'esclaves, qui est noir, mais qui est opposé, la discrimination positive, qui est aussi très catholique, très opposé à l'égalité entre les homosexuels et les hétérosexuels. Et aujourd'hui, plus rien ne retient cette Cour suprême de réinterpréter la vie privée à l'inverse de ce qu'elle a été interprétée jusqu'à présent."

Des digues qui peuvent sauter en France

Quel impact de cette décision en France ? "Il faut comprendre que quand on redoute ce qui vient des Etats-Unis, ce n'est pas parce que simplement, on est influencé par les Etats-Unis. C'est que les Etats-Unis sont l'avant garde des sociétés post-modernes et que généralement, tout ce qu'elles développent, pour le meilleur comme pour le pire, arrive en France quelques années après", explique Caroline Fourest.

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"Ce qu'on voit arriver chez nous aujourd'hui et qui peut annoncer des reculs de cet ordre là, c'est une extrême polarisation. C'est le fait que, par exemple, grâce au système des primaires, on a eu beaucoup d'aspects positifs. On a eu un renouvellement formidable de notre vie politique, mais on a aussi une radicalisation de notre vie politique. Et nous voyons par exemple des digues sauter entre la droite républicaine et la droite extrême. ça, un jour, ça peut donner de l'élan à quelque chose qui est en gestation chez nous, qu'on a vu au moment des débats contre le mariage pour tous, qui serait une droite radicale, qui importe déjà la théorie du grand remplacement comme aux Etats-Unis, et qui, demain peut être, se radicalisera aussi sur les questions religieuses."

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Léa Salamé
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