Martine Lombard
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Martine Lombard ©AFP - JACQUES DEMARTHON / AFP
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Martine Lombard, professeure émérite de droit public à l’université Paris-II Panthéon-Assas, autrice de "L'ultime demande" (Liana Levi), est l'invitée de 7h50. Elle défend la modification de la loi sur la fin de vie dans plusieurs cas.

"La France est championne en matière du nombre de lois sur la fin de vie", estime Martine Lombard, qui défend l'idée de l'aide active à mourir dans certains cas. "Mais 25 ans après la loi de juin 1999 sur l'accès aux soins palliatifs., seuls un tiers des Français peuvent accéder aux soins palliatifs. A cause de l'étendue du territoire français mais aussi de la conception de l'organisation des soins palliatifs en France", dit-elle.

"Les médecins qui sont prêts à aller plus loin sont nombreux"

Elle rappelle le cadre légal existant. "La loi Leonetti a prévu de refuser l'acharnement thérapeutique. Elle se veut équilibrée. Le problème c'est qu'il y a des souffrance inapaisables, réfractaires. Et c'est la loi Claeys-Léonetti (2016) qui intervient sur la sédation profonde et continue, c'est-à-dire faire perdre conscience au malade, si la mort intervient à court terme (quelques heures ou quelques jours)".

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Elle souligne un problème : "on ne peut pas prolonger la sédation très longtemps, parce qu'au bout de quelques jours, le corps s'habitude à ce traitement. Et le patient pourrait se réveiller". Ce qui explique que "le comité consultatif d'éthique a fait un virage très important en septembre et dit : "dans ce cas là, il faut une aide active à mourir". Elle assure que les "médecins qui sont prêts à aller plus loin" que ce que propose la loi aujourd'hui en France "sont nombreux". "J'en ai rencontré un grand nombre", mais "ils ne peuvent pas le dire parce que c'est interdit".

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Une convention sur la fin de vie va se tenir de décembre à mars pour répondre à la question : "Le cadre d’accompagnement de fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ?". Martine Lombard considère qu'il faut introduire des changements dans "au moins trois cas". D'abord "le soins palliatifs", qu'il "va falloir étendre". Mais aussi le cas "des souffrances réfractaires sans que le pronostic vital soit engagé à court terme, avec des patients qui vont devoir vivre encore des années avec des souffrances terribles". Enfin, elle souligne "le cas de l'agonie, savoir si on peut abréger l'agonie".

L'aide active à mourir "n'est surement pas un permis de tuer, puisque la Cour européenne des droits de l'Homme admet que le système belge d'euthanasie encadrée est compatible avec le droit à la vie de la Convention européenne des droits de l'Homme", dit-elle.

L'équipe

Alexandra Bensaid
Production