Hélène Thouy
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Hélène Thouy ©AFP - Joel Saget
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Hélène Thouy, candidate à l’élection présidentielle, coprésidente et cofondatrice du Parti animaliste, avocate au barreau de Paris est l'invitée de Léa Salamé.

Avec
  • Hélène Thouy Avocate et femme politique

“On considère que la cause animale est un enjeu majeur de la société, ou qu’elle doit le devenir”, explique la coprésidente du Parti animaliste. “J’ai pu constater, dans le cadre de mon activité militante et d’avocate, qu’il y avait effectivement un levier juridique pour faire avancer le droit des animaux, mais que nous nous heurtions de toute façon à l’incapacité du droit à les protéger efficacement. Il faut donc investir le terrain politique.”

Après avoir créé son parti il y a 5 ans, puis fait un score honorable aux européennes, Hélène Thouy estime avoir réussi à faire du bien-être animal un thème de campagne, repris un peu partout. “On veut continuer à maintenir la pression [à travers la candidature à la présidentielle] pour obtenir des avancées. Après les européennes, il est devenu de bon ton, presque obligatoire, pour toutes les formations politiques d’indiquer qu’ils étaient favorables à la cause animale. Tant mieux, mais il ne suffit pas de faire des effets d’annonce, il faut la détermination et la sincérité pour que cela avance. L’expérience montre que tous ces partis ont été aux responsabilités avant ou ont eu les moyens de faire des avancées pour les animaux, et qu’au moment où elles auraient pu le faire, elles ne l’ont pas fait.”

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“Nous ne demandons pas aux personnes qui nous rejoignent leur sensibilité politique”, précise Hélène Thouy. “Ce que l’on veut, c’est que la cause animale soit transpartisane, et ce que l’on constate, c’est qu’elle dépasse les clivages politiques, et que le Parti animaliste rassemble des personnes de droite comme de gauche.” Mais aussi des extrêmes ? “On ne le sait pas, c’est une possibilité.”

"Un objectif de -50 %" de produits d'origine animale

Quelle différence avec Europe Ecologie Les Verts ? “Yannick Jadot appelle à la fin de l’élevage intensif, il a constaté que la cause animale était électoralement porteuse. Ce que je constate, c’est que EELV avait un groupe parlementaire sous le quinquennat Hollande, et qu’ils ne l’ont jamais utilisé pour faire passer une loi de protection animale. Ils ne sont pas à la hauteur sur cette question.”

“Une fois que l’on dit que l’on va interdire l’élevage industriel et intensif, ça ne suffit pas : il faut aussi assumer de réduire drastiquement la consommation et la production de produits d’origine animale”, explique la candidate à la présidentielle. “On se fixe un objectif de -50 % à la fin du mandat, de toutes les productions animales. Cela suppose notamment de végétaliser notre alimentation, notamment dans la restauration collective : c’est un impératif éthique, climatique, et environnemental. Ça veut dire deux plats par semaine obligatoires qui sont végétariens.”

"La chasse, c’est le trio infernal : cruauté, insécurité et impunité”

Pour elle, “on dirait qu’Emmanuel Macron a fait du massacre des animaux une grande cause de son quinquennat. Quand on voit tous les cadeaux qu’il a faits aux chasseurs, alors que le sujet de la chasse est rejeté par une grande majorité des citoyens, on voit qu’il y a un véritable décalage entre ces attentes et les transcriptions par le président.”

“Le problème, avec la chasse, c’est le trio infernal : cruauté, insécurité et impunité”, ajoute Hélène Thouy. “On voit que dans les campagnes, il y a de plus en plus d’insécurité due à la chasse et à la libre circulation des armes de chasse, qui sont parfois oubliées dans les forêts, et qui se retrouvent aux mains de n’importe qui. J’ai grandi à la campagne, je connais les chasseurs, j’ai coutume de discuter avec eux : donc je comprends et je sais qu’ils aiment la nature. Mais ils l’aiment d’une façon qui n’est pas acceptable d’un point de vue éthique : on ne peut pas s’amuser à tuer des animaux. On sait que 30 millions d’animaux sont élevés et lâchés pour servir de cibles vivantes, et ça ce n’est pas acceptable. On ne peut pas faire de la cruauté un loisir.”

N’y a-t-il eu aucune avancée sur ces questions pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron ?  “La fin du broyage des poussins, de la castration à vif des porcelets, ce sont des annonces : pour l’instant les textes ne sont pas là, or ça fait déjà un moment que ça a été annoncé.”