Thierry Frémaux
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Thierry Frémaux ©AFP - Valery HACHE / AFP
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Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, est l'invité de 7h50.

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  • Thierry Frémaux Délégué général du Festival de Cannes, directeur de l'Institut Lumière de Lyon

Pour lui, cette édition de Cannes a la saveur des “retrouvailles et de la prudence”. "L’épidémie n’est pas vaincu, donc il faudra faire attention, même si la plupart des festivaliers sont vaccinés. C’est le goût de la vie d’avant, les artistes sont là donc ça aura aussi le goût du cinéma !"

"C’est presque deux ans de sélection, comme si le confinement avait permis d’écrire de très beaux scénarios : il y a un peu plus de films, on n’en a pas eu pendant 18 mois donc on est un peu gourmands."

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Il raconte également que "Pedro Almodovar sera là ce soir, il ne vient pas avec un film mais il voulait être là avec nous, pour marquer ça. On aura aussi Thierry Schatzberg, sans doute le plus vieux cinéaste en activité, il avait gagné la Palme d’Or en 1973. Il avait aussi envie d’être avec nous : pas nous, le “festival de Cannes”, mais le cinéma, nous tous. C'est ça aussi que marque ce 74e festival."

Parité chez les réalisatrice : "Cannes est à la fin de la chaîne"

Sur le manque de parité dans la sélection, Thierry Frémaux tempère : “Je ne vais pas vous dire que c’est formidable, mais en même temps si on prend l'ensemble de la sélection officielle, dont “Un certain regard”, qui est la sélection du jeune cinéma, la sélection d’avenir, la présence de réalisatrice est beaucoup plus forte. Cannes est à la fin de la chaîne, pas au début, mais on prête attention à tout ça. Par exemple, c’est la première fois dans l’histoire du festival que le jury est majoritairement féminin alors que le président est un homme.”

La Palme d’or d'honneur qui va être remise à Jodie Foster honore-t-elle son parcours d’actrice ou ses engagements ? “Les deux. Il y a ses engagements pour le cinéma, ses engagements citoyens, et évidemment son extraordinaire parcours artistique, qui a commencé à Cannes. La tradition de la Palme d’or d’honneur est quelque chose qui permet de mettre des cailloux sur ce long chemin qu’est l’histoire du festival et du cinéma.”

"Nous avons été le premier festival à inviter Netflix"

Quid du combat qui oppose parfois Cannes et les plateformes de vidéo à la demande ? Cette année, "il y a beaucoup de films, on n’avait pas besoin des plateformes. Et le film de Leos Carax qui ouvre le festival et la compétition est coproduit avec Amazon. Vous savez que c’est un problème global de chronologie des médias, que nous avons été le premier festival à inviter Netflix, dont on pensait qu’ils accepteraient que leur film sorte en salles françaises. C’est un dialogue fructueux et parfois délicat. Quand la situation aura vraiment évolué, dans les années qui viennent, on pourra considérer que le dialogue entre Netflix et le festival aura fait évoluer les choses."

"Le cinéma avant l’épidémie a fait sa meilleure année depuis plusieurs décennies. Mais il fait face à la vidéo dans les années 80 et Internet dans les années 2000, puis à une concurrence brillante et formidable des plateformes, et les salles n’ont jamais autant été fermées dans l’Histoire en 2020. Mais vous avez vu qu’en France par exemple, le retour en salles a été triomphal. Parce que les Français sont capables d’aller au cinéma même quand il n’y a pas de cinéma américain, ce qui n’est pas le cas de tous les autres pays."

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