Nathalie Arthaud
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Nathalie Arthaud ©AFP - Estelle Ruiz
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Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, candidate à l'élection présidentielle, est l'invitée de 7h50.

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Candidate pour la troisième fois à l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud, professeure d’économie en Seine Saint-Denis et porte-parole de Lutte Ouvrière, ne se dit pas candidate pour gagner. “Je me présente au nom du camp des travailleurs : dans cette société, il y a deux camps. D’un côté, une minorité richissime qui prospère sur les malheurs, sur l'appauvrissement de l’écrasante majorité”, explique-t-elle, citant l’exemple des touristes spatiaux, “alors qu’il y a des femmes et des hommes qui peinent à se chauffer, à se nourrir”. 

“Je suis candidate pour dire que si les travailleurs ne veulent pas être les éternels sacrifiés de la société, il faut qu’ils se battent”

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Elle appelle les travailleurs à “renouer avec les luttes collectives, les grèves, les occupations d’usine : c’est comme cela qu’ils ont toujours fait avancer leur sort”. Elle se dit convaincue que “l’essentiel ne se passe pas au fond des urnes, ça se passe dans les entreprises, dans les mobilisations : ce que les travailleurs ont obtenu, c’est qu’ils l’ont arraché”. Elle déplore ainsi que le mouvement des “gilets jaunes” ne soit pas rentré dans les entreprises, pour la question de la hausse des salaires notamment.

Face à un vote ouvrier qui se tourne toujours plus vers l’extrême-droite, Nathalie Arthaud diagnostique un “écoeurement vis-à-vis de la gauche de gouvernement” et un effondrement de ces partis de gauche. “Aussitôt au pouvoir, ils se sont transformés en paillassons du grand capital, de la bourgeoisie”, dit-elle, citant François Hollande qui avait déclaré “Mon ennemi, c’est la finance” pendant sa campagne. “La gauche a fait du mal, parce qu’elle a elle-même été bien des fois sur le terrain de l’extrême-droite : là encore, je pense à Hollande et à la question de la déchéance de nationalité”, explique la candidate LO. 

“A la différence de Jean-Luc Mélenchon ou Fabien Roussel, je ne cherche pas à gérer cette société capitaliste, je cherche à la renverser”

Est-ce qu’on va retrouver cette conscience que ceux qui portent la société, ceux qui la font fonctionner, ont la force de se défendre, et doivent revendiquer leur dû ?” appelle-t-elle. Sur la question du surgissement d’Eric Zemmour, elle l’analyse comme “un poison dans le monde du travail” mais surtout comme “un surgissement sur les plateaux, parce que dans les entreprises on est loin de ce cinéma”. Elle se dit par ailleurs écoeurée “quand j’entends Eric Zemmour dit que les immigrés, en particulier les musulmans, sont inassiminables, dans quel monde vit-il ? Ce que j’observe, c’est qu’ils sont très bien assimilés au monde de l’exploitation. Ce sont eux qui font tourner le secteur du bâtiment, de la restauration, du gardiennage. Sans eux, aucun secteur de l’économie ne pourrait fonctionner”.

Face à elle, les autres candidats disent qu’il faut augmenter les salaires. “Ce que j’entends surtout dire, c’est que ces hausses de salaires, il faudrait qu’elles soient payées par des baisses de cotisations, ou des baisses de taxes. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça”. Sur l’annonce de Jean Castex d’un chèque inflation de 100€, elle raconte avoir été le lendemain à la rencontre d’ouvriers Michelin à Cholet : “La réaction a été unanime : c’est une provocation. En fait, ce qu’il faut, c’est 300, 400, 500 euros de plus chaque mois sur les fiches de paie”, dit-elle, qualifiant cette aide de 100€ “d’aumone”. 

Qu’attend Nathalie Arthaud de la COP26, qui commence dans quelques jours ? “Absolument rien : ces grandes messes, ces grandes déclarations, ça nous mène à quoi ? Jamais de contrainte, jamais d’obligation”, déplore la candidate. 

“Sauver la planète, on ne pourra le faire que si on arrête cette course au profit incroyable”

Pour sauver la planète, il faut remettre en cause la propriété privée capitaliste sur ces multinationales”, avance-t-elle. Se revendiquant communiste, elle dit penser “qu’on devrait gérer la société de façon collective (...). Quand je vois les GAFAM, je me dis qu’ils pourraient servir à autre chose qu’à enrichir une poignée de milliardaires. On pourrait les utiliser pour recenser les besoins, planifier l’économie. Et moi je suis convaincue que ça ne viendra pas d’Hidalgo ou de Mélenchon, ça viendra des travailleurs”.

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