Solène Chalvon-Fioriti
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Solène Chalvon-Fioriti - Céline Nieszawer / Flammarion
Solène Chalvon-Fioriti - Céline Nieszawer / Flammarion
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Solène Chalvon-Fioriti, grand reporter, réalisatrice de documentaires en Afghanistan, auteure du récit La femme qui s'est éveillée, une histoire afghane (Flammarion), est l'invitée de 7h50.

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Comment expliquer la décision des Talibans la semaine dernière, de finalement interdire, temporairement disent-ils, les filles d'aller à l'école ? Pour la journaliste spécialiste de l'Afghanistan, Solène Chalvon-Fioriti, "C'est un scénario un peu fou puisque je rappelle que les facs ont réouvert en Afghanistan et notamment les facs pour filles. Elles se comptent sur les doigts d'une main, ce qui n'est pas le cas des écoles qui existent par centaines de milliers, mais les étudiantes, qui sont d'ailleurs moins couvertes que les écolières (alors que les Talibans ont avancé que le problème, c'était un problème d'uniforme) en réalité, elles ont juste rajouté un masque sur le visage -que d'ailleurs elles enlèvent une fois qu'elles sont à l'intérieur de la fac- et il n'y a pas eu de problème. Donc je pense que ce qui s'est passé, pour avoir un peu discuté des gens sur place, c'est que de façon tout à fait dérisoire, les Talibans, notamment des combattants du sud du pays à Kandahar qui ont quand même des chefs religieux qui sont assez indépendants, ont vu des jeunes filles et des petites filles aller à l'école sous leur nez, dans leurs villages, et ils ont trouvé que c'était inacceptable."

Elle poursuit son analyse : "Ils ont trouvé qu'ils n'ont pas fait le jihad pour se retrouver avec la même configuration qu'avec le gouvernement Karzai. Là où je suis optimiste, c'est que ce qui les dérange, je pense, c'est le trajet. Ce n'est pas l'éducation. Parce que sinon, encore une fois, les filles ne seraient pas retournées à la fac. Et là encore, je pense que c'est quelque chose dont on doit se réjouir : il y a des talibans qui ont pris la parole sur les réseaux sociaux, mais pas seulement, des chefs religieux à côté de la frontière iranienne en Irak, qui s'en sont pris à cette ligne dure en disant 'rappelez vous que la charia nous encourage à éduquer nos filles'. Le problème, ce sont les coutumes afghanes en Afghanistan. Ce code tribal supplante la charia à bien des égards, et d'ailleurs est beaucoup plus dur. Dans les coutumes, on ne voit pas une fille sortir de chez elle. Tant qu'elle reste entre quatre murs, ça fonctionne, mais dans la rue comme ça, au regard de tous, ce n'est pas possible."

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