Nora Martirosyan et l'acteur Gregoire Colin au festival du film d'Angoulême
Nora Martirosyan et l'acteur Gregoire Colin au festival du film d'Angoulême
Nora Martirosyan et l'acteur Gregoire Colin au festival du film d'Angoulême ©AFP - Yohan BONNET / AFP
Nora Martirosyan et l'acteur Gregoire Colin au festival du film d'Angoulême ©AFP - Yohan BONNET / AFP
Nora Martirosyan et l'acteur Gregoire Colin au festival du film d'Angoulême ©AFP - Yohan BONNET / AFP
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Résumé

Nora Martirosyan, réalisatrice de "Si le vent tombe", est l'invitée de 7h50.

avec :

Nora Martirosyan (Cinéaste).

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En découvrant le Haut-Karabakh, Nora Martirosyan a été saisie par le sort de cette terre disputée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et a voulu en faire un film. Depuis, la guerre et la pandémie ont tout bousculé. À 47 ans, cette réalisatrice arménienne vivant à Montpellier présente dans les salles de cinéma nouvellement rouvertes "Si le vent tombe", son premier film.

C'est l'unique long-métrage de fiction tourné dans cette région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne. Et le premier film arménien sélectionné à Cannes (édition 2020) depuis des décennies. 

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Le film raconte l'histoire d'un auditeur international, Alain Delage, qui débarque dans cette république autoproclamée pour expertiser l'aéroport, flambant neuf : le bâtiment fait la fierté nationale, mais en raison de l'imbroglio politique, n'a jamais pu servir. 

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Raconter l'espoir d'une reconnaissance

Empreinte de poésie et de surréalisme, l'histoire est inventée, mais l'aéroport, perdu dans les vastes plaines du Caucase, existe bien, et ses difficultés pour ouvrir aussi.

"Physiquement j’avais tout, les champs, les bâtiments le président mais sur Google Earth je n’avais rien" dit Nora Martirosyan pour expliquer l'état d'esprit dans lequel elle a fait ce film, pour répondre à un besoin de reconnaissance. "Dans ma fiction c’est ce que je raconte, l’espoir de reconnaissance est symbolisé par cet aéroport, c’est une institution capable de lier un pays inexistant au monde".

Les Arméniens étaient là depuis toujours et on a essayé de les déloger de là-bas

"Avec les derniers évènements on a tous reçu une grande claque, et je pense que le peuple arménien a la capacité de se régénérer" dit-elle en évoquant la récente prise de pouvoir de l'Azerbaïdjan sur le territoire du Haut-Karabakh. 

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Alors que le 10 mars 2021 la première projection a eu lieu à Erevan, "les gens qui jouent dans le film et habitent le Haut-Karabakh sont venus pour voir le film, et sont venus voir leurs maisons détruites dans le film, c'est à dire que le film permet de revoir des choses qui sont devenus des archives."

"Il y avait des Arméniens sur cette terre, l’Arménie avait envie de regarder vers l’Europe, et son allié français. En tant qu’Arménienne j'ai le sentiment que l’histoire recommence, comme en 1915 avec le génocide, où la communauté internationale ne voulait pas voir ce qui se passait". 

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Si Jo Biden a reconnu le génocide arménien au nom des États-Unis, "c'est formidable pour les Arméniens, mais on sait que le monde est géré par des intérêts économiques et politiques, et l’intérêt de Biden peut se traduire par ses autres enjeux de pouvoir dans la région."

Le film s'appelle "Et si le vent tombe"  car pour elle, "c’était important de rester sur le mode conditionnel, comme le pays, mais le vent est devenu un ouragan".

36 min
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L'équipe

Léa Salamé
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Production
Léa Salamé
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