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François Hollande, invité de la matinale de France Inter le 25 mai 2020 ©Radio France - France Inter
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Résumé

L'ancien président de la République revient sur la victoire, 40 ans plus tôt, de François Mitterrand et du Parti socialiste à la présidentielle, et sur la division profonde et politique entre les partis de gauche aujourd'hui.

avec :

François Hollande (Homme d'Etat français (PS)).

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"À quoi sert le passé, si ce n’est à retenir des leçons pour l’avenir ?", demande François Hollande lorsqu'on évoque la mémoire un peu jaunie de mai 1981. "Le passé c’est pas un culte à avoir, en pensant que c’était mieux avant : l’Histoire vous enseigne ce qui a permis des changements profonds. C’est ce que j’ai voulu faire au rassemblement du Creusot, dire quelles sont les leçons de la victoire de François Mitterrand, mais aussi de ceux qui lui avaient succédé pour permettre à la France d’avance. Est-ce qu’aujourd’hui ces leçons sont encore valables, est-ce que le socialisme tel qu’il pouvait être imaginé en 1981 a un sens aujourd’hui ? Est-ce que la gauche qui est victorieuse en 1981 ou en 1997 et 2012 peut de nouveau être un facteur d’espérance ou est-ce que cette histoire est terminée ? Non, elle ne l’est pas."

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"Il y avait un espoir très fort, sans doute trop fort"

"Parmi les plus de 50 ans d’aujourd’hui, tous ont le souvenir du 10 mai 1981", raconte l'ancien président. "Parce que ça faisait des années, pour certains des décennies, qu’ils n’avaient pas connu d’alternance. L’arrivée de forces politiques qui ne s’étaient pas fait remarquer comme des soutiens du régime, et n’avaient même pas accepté ses institutions. C’est vrai que c’était un acte européen et mondial que de voir arriver la gauche après 23 ans d’opposition. Il y avait un espoir très fort, sans doute trop fort, puisque c’était des revendications nées pour partie dans les luttes sociales, culturelles, féministes, écologistes déjà… C’était la suite du mouvement de mai 1968. Il y avait comme un débouché politique à tout ça. Moi, j’avais 26 ans, je n’avais même pas pu voter en 1974. On se disait : ça ne viendra jamais, et c’est venu."

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"Dans le premier septennat, il y a eu, après des mesures extrêmement positives pour les Français (retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés 39 heures, abolition de la peine de mort, décentralisation...), assez rapidement la prise en compte de la réalité, et des changements et corrections à opérer si l’on voulait rester dans la construction européenne. Il y a eu l’épreuve du pouvoir : François Mitterrand est allé jusqu’au bout de ses promesses, et il a été capable aussi de prendre des décisions qui permettaient à la France de rester dans le jeu mondial."

Lorsqu'on évoque à François Hollande l'idée que ces dernières années ont vu le détricotage des mesures de François Mitterrand, il réplique : "Il faut voir ce que représentait [la retraite à 60 ans] au moment où elle a été décidée. Beaucoup de femmes et d’hommes ne vivaient pas au-delà de 70 ans. J’en ai vu pleurer le jour de la victoire, parce qu’ils savaient que ce serait pour eux des années de vie en plus. De la même manière, sur les congés payés, François Mitterrand a donné au temps libre un rôle qui n’était pas simplement un rôle de libération par rapport au travail, mais aussi la culture portée comme grande priorité. Qu’est-ce qui reste ? L’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la libération de l’audiovisuel, la fin des tribunaux d’exception… Et puis aussi un certain nombre de réformes structurelles. Cessons de dire “c’était mieux avant et ça s’est dégradé depuis”. Quand il y a des manifestations dans la rue pour défendre les retraites, on défend les réformes de François Mitterrand, de Lionel Jospin et de moi-même."

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"Je pense qu'aujourd'hui, la France a besoin de la gauche"

Sur la “déroute” actuelle de la gauche, l'ancien président tranche : "Les commentateurs sont toujours très bons pour les nécrologies. Moi je ne suis pas dans ce type de raisonnement : je me pose la question “est-ce que la France a besoin de la gauche aujourd’hui ou pas ?” Il peut y avoir des époques où elle n’en a pas besoin ! Mais je pense qu’aujourd’hui, la France a besoin de la gauche pour assurer une relance économique et écologique dans de bonnes conditions après 2022, pour assurer une place de l’État qui permette de garantir la cohésion nationale, pour une politique fiscale qui permette une redistribution des richesses, pour que l’éducation prenne toute sa place pour assurer le pacte républicain, pour réussir une transition qui va être extrêmement difficile, la transition écologique."

"Je ne lis pas simplement les sondages, si je le faisais je ne serais jamais devenu président de la République", rappelle François Hollande. "Le problème, c’est que la gauche ne propose rien, elle est toujours en train de rechercher je ne sais quelle union, de provoquer je ne sais quelle réunion, d’assurer qu’elle va se mettre d’accord… Ce que je propose, c’est qu’une force politique fasse un projet, un programme et l’ouvre à la discussion, aux partenaires mais surtout aux Français. Il reste un an avant la présidentielle : la politique, c’est des idées, de la pensée, de la réflexion, de la proposition, c’est pas simplement de la gesticulation, des combinaisons, des arrangements, des tables rondes. Le premier acte, c’est de faire un projet. Le second, c’est de le proposer à la discussion, le troisième c’est d’avoir une force politique capable de faire le score le plus élevé au premier tour et enfin, de faire l’union. Mais d’abord, il faut convaincre les Français."

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Rwanda : "Une erreur d’appréciation dans le soutien à un régime qui comportait des extrémistes"

Sur la question de la responsabilité de la France au Rwanda, l'ancien président explique : "Il y a eu génocide, un massacre qui a fait 800.000 morts, avec une volonté d’écraser une ethnie. Pourquoi parler de la responsabilité de la France ? Elle a été amenée à donner son soutien à un régime menacé de l’extérieur et de l’intérieur. Ce qui est clair, c’est qu’il n’y a pas eu de complicité de la France, les deux rapports l’établissent. François Mitterrand est hors de cause de ce point de vue. Mais il y a eu une erreur d’appréciation dans le soutien à un régime qui comportait des extrémistes et ne faisait pas œuvre de réconciliation. Je pense que la communauté internationale a une très lourde responsabilité, parce que pendant des mois elle n’a rien fait."

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Références

L'équipe

Nicolas Demorand
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Production
Léa Salamé
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