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François Pinault et Nicolas Demorand ©Radio France - Stéphanie Boutonnat
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Résumé

François Pinault, président de la Collection Pinault, fondateur du groupe Kering, est l'invité exceptionnel du Grand entretien de France Inter à l'occasion de l'ouverture de La Bourse de Commerce - Collection Pinault le samedi 22 mai.

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François Pinault.

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"Enfin, on va pouvoir ouvrir, depuis le temps", se réjouit le mécène milliardaire. "Je suis heureux de pouvoir ouvrir cet endroit, restauré et mis en état pour faire un musée, avec une belle disposition géographique dans la capitale. La fierté, c’est pour les architectes qui ont construit ce bâtiment aux 18e et 19e siècles."

François Pinault le rappelle : "J’avais très envie d’ouvrir mon premier musée en France depuis quelques années. Il devait ouvrir en 2005, la décision a été prise en 2000 d’ouvrir un musée à Boulogne, malheureusement ça a foiré. J’ai donc ouvert deux musées à Venise. Je rêvais de revenir à Paris un jour ! La maire de Paris Anne Hidalgo m’a proposé cet endroit et je n’ai pas hésité longtemps."

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L'art contemporain est pour lui "un moyen d'accepter plus facilement l'idée de la mort, de m'y familiariser, de faire avec. Dans toutes mes expositions, il y a toujours des crânes. J'y pense tous les jours : ça me donne de l'énergie, de penser aux morts. Ils vous surveillent, ils vous donnent des conseils."

"Les artistes, si on ne va pas les chercher, ils ne viennent pas à vous"

"Les jeunes artistes, il faut essayer de les découvrir", raconte François Pinault. "Souvent, ils sont dans leur coin et si on ne va pas les chercher, ils ne viennent pas à vous. J'ai des équipes dans le monde entier qui me signalent un jeune talentueux, puis je regarde des photos et des vidéos, ensuite j'essaie de les rencontrer... Dans cette exposition, il y a des artistes chevronnés et des plus jeunes."

J’ai la chance de connaître beaucoup d’artistes, de les apprécier, de leur dire ce que je pense. Et si je les vois déconner, je leur dis de se remettre au boulot sinon ça ne va pas durer !

Rétrospectivement, quel regard porte-t-il sur son parcours, de la création d'un gigantesque empire économique à la collection d'œuvres d'art ? "Je ne me retourne pas, j’ai horreur de ça. Le regard sur le passé, la nostalgie, me gênent, me rendent triste. Les Bretons, c’est pas des gens très gais, c’est ce qu’on dit. Me retourner sur mon passé ça m’intéresse peu, ou pas. Je préfère regarder devant."

Qu’est-ce qui l’indigne ? "L’injustice, le manque de liberté, l’incapacité à agir… À chaque fois qu’on peut avoir prise sur quelque chose, il faut se battre pour que les choses soient moins pires que ça ne pourrait être."

"Notre pays, comme d’autres, a connu d’énormes difficultés avec cette pandémie, les Français ont souffert. Mais je ne peux pas accepter l’idée que la France soit en déclin : on souffre, mais je suis convaincu que ce petit pays a encore une énergie, un potentiel, une jeunesse extraordinaire. Il faut se retrousser les manches : ces jeunes qui arrivent sont là pour relever les défis et redresser le pays. On restera un grand pays et un pays qui compte. On a le potentiel qui peut surprendre le monde dans les années qui viennent." 

Références

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
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Production
Léa Salamé
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Léa Salamé
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