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Gérald Darmanin ©Radio France - Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Résumé

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, est l'invité du Grand entretien de France Inter, à quelques heures d'une manifestation de policiers et gendarmes contre sa politique notamment, à laquelle il compte néanmoins participer.

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Gérald Darmanin (Ministre de l’Intérieur et des outre-mer).

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"J’apporte mon soutien aux policiers et aux gendarmes chaque jour depuis que je suis ministre de l’Intérieur, et même avant", assure Gérald Darmanin pour justifier sa présence à la manifestation du jour. "Ce sont des gens courageux , qui protègent chacun et chacune d’entre nous, et qui sont particulièrement les victimes d’une société qui est de plus en plus violente. Les policiers, aujourd’hui, sont d’abord marqués par le deuil, l’émotion et la colère. Deux assassinats, il n’y a pas d’autre mot [juridiquement, l'assassinat implique une préméditation, NDLR] : celle d’une personnelle administratif à Rambouillet par un terroriste islamiste, et celle d’un brigadier qui faisait son travail de contrôle contre des points de drogue. Je vais les saluer avec une partie de la classe politique, dont des gens qui sont républicains mais ont des idées différentes des nôtres. Je vais leur dire que nous les aimons."

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"Les policiers sont très dignes depuis dix jours, alors qu’on les assassine", poursuit le ministre de l'Intérieur. "Moi je pense aux deux familles et à tous leurs collègues. C’est la société qui est de plus en plus violente, quand il y a un refus d’obtempérer toutes les demi-heures. Onze policiers et gendarmes sont morts l’année dernière, je suis allé à leurs enterrements. J’entends les leçons de morale de certains éditorialistes ou commentateurs, mais c’est le ministre de l’Intérieur qui va voir les petites filles de 7 ans pour expliquer pourquoi papa est dans une boîte au moment où on lui remet la Légion d’honneur, parce qu’un chauffard ne s’est pas arrêté sur une départementale. Je constate que le terrorisme islamiste touche en premier les policiers et les gendarmes. Que les gilets jaunes, pendant un an, ont fait plus de 8.700 policiers et gendarmes blessés par des manifestations répétées. C’est l’ensemble de la société qui pose question."

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3 min

"Moi, si je vais saluer les policiers tout à l’heure, si je vais témoigner de mon amour et de mon soutien, c’est une façon pour moi de dire que la société doit se poser la question : comment mon comportement permet de respecter les forces de l’ordre ? Il n’y a pas de soumission à un pouvoir policier : les policiers de la République sont les enfants des soldats de l’An 2, ce sont des femmes et des hommes de classe populaire et moyenne qui se font tuer pour nous protéger."

Il est d'accord avec le constat d'Éric Dupond-Moretti, qui explique qu'il y a moins de délinquance, mais plus de violence dans la société. "Nous constatons des baisses considérables des atteintes aux biens : moins de cambriolages, moins de vols de voiture, statistiquement c’est vrai. Et en même temps, une augmentation forte des violences aux personnes." Pourtant, statistiquement et selon les chiffres de l'Observatoire national de la Délinquance, il y a moins de policiers tués qu'il y a 20 ans. "Ce calcul macabre est totalement faux. En 2004, il y a eu 3.000 policiers blessés, en 2019 il y en a eu 6.000 [pour rappel, l'année des gilets jaunes, NDLR]. Un doublement en quinze ans. C’est ce qui m’a fait dire il y a quelques mois qu’il y avait un ensauvagement de la société, pardon de l’évoquer ainsi."

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Pourquoi voit-on à nouveau des tensions fortes dans certains quartiers ? "J’ai demandé aux policiers et aux gendarmes d’être présents dans tous les quartiers de la République et de lutter contre la drogue. Évidemment, si vous voulez le calme, il ne faut pas envoyer les policiers et les gendarmes lutter contre ceux qui font 15.000, 20.000, jusqu’à 100.000 parfois parce qu’ils trafiquent du cannabis ou de la cocaïne. On a doublé les saisies de cannabis et de cocaïne, on a triplé les saisies d’héroïne, doublé les arrestations de trafiquants. On démantèle chaque jour des dizaines de points de deal, donc forcément il y a des réactions."

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"Il y a plus de 500 points de deal qui depuis le mois de janvier ont été démantelés. Nous travaillons aujourd’hui à comprendre ce que ce trafic de drogue fait naître comme nouveaux moyens, notamment ce qu’on appelle “l’ubérisation”, des livraisons à domicile via les réseaux sociaux. Snapchat doit arrêter d’être le réseau social de la drogue !"

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Sur les députés qui actent l'échec de plusieurs décennies de politique répressive sur le cannabis, et proposent la dépénalisation pour lutter plus efficacement contre le trafic, Gérald Darmanin répond : "Je trouve que c’est un drôle de raisonnement. D’abord, ça tombe très mal au moment où l’assassinat de Mme Halimi a été commis visiblement par quelqu’un qui consommait du cannabis, où l’assassinat du policier à Avignon était lié au trafic de stupéfiants… La drogue est partout dans notre territoire. Est-ce que c’est du poison ou pas ? Est-ce que ça crée la mort, des dépressions, des déscolarisations ? Ce propos sur la légalisation est partout, et moi je le condamne. Depuis que je suis né, je vis dans des quartiers où la drogue est partout, et je ne m’en satisfais pas. Je ne sais pas si je suis un bon ministre de l’Intérieur, mais tous les matins je me retrousse les manches et je me bats."

Comment punir plus efficacement les auteurs de violence contre des policiers ? "Nous avons déjà amené à 30 ans la peine de sûreté, au lieu de 22 ans, et nous discutons avec le garde des Sceaux et les policiers, dans le cadre du Beauvau de la sécurité pour évoquer la question de l’autorité judiciaire. Moi je n’oppose jamais la police et la justice. Les policiers sont avant tout des agents du ministère de la Justice, ils mènent des enquêtes pour qu’on puisse condamner. S’il y a de bonnes enquêtes, il y a de bonnes condamnations."

Il ne croit pas, toutefois, que la justice soit "laxiste". "Sur la question des peines planchers, je n’aime pas les combats idéologiques au moment où les policiers sont attaqués et où les Français ont besoin de plus de sécurité. Mais il faut aussi dire la vérité : les peines planchers c’était en cas de récidive, les magistrats pouvaient y déroger, et 30 % seulement étaient appliquées. Qu’il faille améliorer la réponse pénale, oui, et c’est pour ça qu’on augmente de 10 % le budget de la justice, mais les peines minimales, ça ne marche pas. Nicolas Sarkozy, c’était une autre époque, on ne peut pas comparer ce qui se passait il y a 15 ans !"

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Nicolas Demorand
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Léa Salamé
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