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Résumé

Éric Heyer, économiste. Directeur du département Analyse et prévision de l'OFCE. enseignant à Sciences Po. Membre du Haut Conseil des Finances Publiques, et Jean-Marc Daniel, économiste, professeur émérite à l'ESCP Business School, sont les invités du Grand entretien de France Inter.

avec :

Éric Heyer (Économiste), Jean-Marc Daniel (économiste, professeur émérite à l'ESCP Europe).

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Éric Heyer et Jean-Marc Daniel, tous les deux économistes, analysent cette fin de campagne des législatives, où la question du pouvoir d'achat est la principale priorité des Français. De l'exécutif aussi, qui a multiplié les annonces cette semaine, de la revalorisation des pensions de retraite de 4% dès le mois de juillet à l'aide aux ménages précaires. Des mesures alors que l'inflation reste à plus de 5% et que la croissance cale.

Qui doit payer "l'effort de guerre" ?

"Nous ne sommes pas dans un moment inflationniste quelconque, c'est une grosse ponction de l'extérieur, avec le prix de l'énergie, le prix alimentaire" explique Eric Heyer. "Une fois qu'on a dit ça, on se demande qui doit payer cette énorme ponction, due en partie à une guerre, ça peut donc être vu comme un effort de guerre" poursuit-il. Il y a trois solutions. "Soit on dit que c'est aux citoyens de payer, mais on risque de tomber dans une récession, et on veut l'éviter" détaille Eric Heyer, qui ajoute qu'on peut aussi compter sur les entreprises. "Mais là, les salaires vont augmenter trop fortement, le coût aussi, et on va entrer dans une spirale inflationniste, puis au final dans une récession." Troisième option : "L'Etat doit aider. Mais ce qu'on a envie de dire, c'est que ça doit être un peu de ces trois scénarios." Chacun devra faire un effort, et "certains ménages vont y perdre, il faut le dire".

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Les mesures d'urgence mises en place par l'État sont-elles justifiées dans le contexte actuel ? "Non" répond Jean-Marc Daniel. "Il y a une ponction qui est faire sur notre train de vie par l'extérieur avec pour l'essentiel une hausse du prix de l'énergie." "On dit que l'État va prendre ça en charge, mais l'État n'existe pas sur le plan économique." Selon l'économiste, "l'État va prendre aux uns pour donner aux autres et concrètement, on va avoir un déficit budgétaire qui va exploser. Avec comme conséquence qu'on va transférer cette ponction de pouvoir d'achat vers la génération d'après". "Je pense que c'est un illusion égoïste" conclue-t-il en dénonçant la "gabegie" du gouvernement.

On va "faire payer à la génération d'après"

"Quand on subventionne l'essence, on subventionne non seulement des importations, mais on va aussi à rebours sur tous les discours qu'on tient sur la fracture climatique" dit Jean-Marc Daniel. "Et en plus", ajoute-t-il*, "on se heurte au fait que tout le monde en bénéficie, sans qu'il y ait non plus de restriction de consommation d'essence"*, évoquant les 934 kilomètres de bouchons pendant le week-end de l'ascension. "On va faire payer tout ça à la génération d'après" insiste l'économiste.

L'État pourra-t-il indéfiniment protéger le consommateur de la hausse des prix ? "Aujourd'hui, vous avez du mal à vivre avec votre propre salaire" rappelle Éric Heyer. "Donc soit chacun fait un effort, soit on dit aux entreprises qu'il faut embaucher mais en plus augmenter les salaires, sauf qu'elles nous disent qu'elles ne vont pas pouvoir tout faire." Pour lui, "il y a bien une responsabilité de l'L'État d'essayer de passer ce cap qui est difficile". Selon lui l'inflation ne restera pas à ce niveau, mais les prix eux vont rester élevés, il faudra donc que les salaires s'alignent, mais pas de suite, puisque ce serait "demander un choc violent aux entreprises".

Références

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Alexandre Gilardi
Collaboration
Jean Brossier
Collaboration
Juliette Hackius
Réalisation
Paola Puerari
Collaboration
Agathe Levita
Collaboration