Réquisitions dans les raffineries : "Je ne suis pas pour, je me méfie de l'escalade", dit Laurent Berger

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Bergé, sur France Inter, le 8 octobre.
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Le secrétaire général de la CFDT Laurent Bergé, sur France Inter, le 8 octobre. ©Radio France - *
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Bergé, sur France Inter, le 8 octobre. ©Radio France - *
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Bergé, sur France Inter, le 8 octobre. ©Radio France - *
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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est l'invité du Grand Entretien. Il a notamment évoqué la grève en cours dans 6 des 7 raffineries françaises, provoquant une pénurie de carburant.

"Je ne suis pas pour la réquisition" des salariés dans les raffineries en grève, dit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, alors que le blocage se poursuit sur 6 des 7 sites français, à l'initiation de la CGT. "Je ne crois pas que la bonne solution, c'est l'escalade. Et la réquisition c'est l'escalade. Parce qu'on va monter les gens les uns contre le autres", estime-t-il.

Le dépôt de carburant d'Esso-ExxonMobil en Seine-Maritime a été visé par une première réquisition ce mercredi, et d'autres pourraient suivre sur les sites de Total si la grève se poursuivait, a averti le gouvernement.

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"Il faut dialoguer"

Concernant le conflit chez Total autour des salaires, il déplore le fait que chacun campe sur ses positions. "Hier j'étais à Vesoul. J'ai vu des salariés de différents secteurs professionnels, notamment du soin, qui ne peuvent plus aller sur leur lieu de travail. Ils m'ont demandé 'c'est quoi la solution ?' Pour moi c'est que tout le monde se mette autour de la table. Le problème c'est que chacun met sa petite condition".

Total a annoncé ce jeudi matin un bonus exceptionnel correspondant à un mois de salaire pour tous ses salariés. "La décision unilatérale d'un mois de salaire, on la prend. Ca ne fait pas partie des négociations. Maintenant, on obtient la négociation. L'inflation c'est 5,8%, nos équipes ont une revendication à 8%."

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"Il faut dialoguer, et obtenir des augmentations de salaires. Il faut qu'il y ait dans les heures qui viennent une séance de négociation et que chaque organisation syndicale vienne avec ses revendications et que la direction de Total entende ces revendications", ajoute-t-il.

"L'appel à la grève générale, ça ne change rien"

Sandrine Rousseau a déclaré qu'elle souhaitait que ce mouvement de grève soit le point de départ d'une grève générale. "Je comprends, mais ce qui m'agace c'est qu'on confonde en permanence l'action syndicale et l'action politique", réagit le syndicaliste. "Mon sujet c'est l'augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail (...) L'appel à la grève générale, pour les travailleurs les plus modestes, ça ne change rien concrètement", poursuit-il.

"L'Etat a une responsabilité, en tant qu'Etat employeur, c'est l'augmentation du salaire de ses agents. A L'hôpital, c'est dramatique en termes de conditions de travail et de reconnaissance. J'ai envie de parler de ça plutôt que la réaction de telle ou tel député qui voit son rêve de révolution se transformer tout à coup en réalité".

Amendement sur les superdividendes adopté contre l'avis du gouvernement : "bien fait pour eux"

Le budget est en débat à l'Assemblée nationale. Un amendement, déposé par le Modem, a été adopté contre l'avis du gouvernement. Il doit dissuader le grandes entreprises à distribuer des superdividendes en cas de bons résultats. "C'est bien fait pour eux [le gouvernement]. C'est très bien", réagit-il.

Cette mesure "est le premier pas dans la porte de ce qu'on réclame depuis longtemps : la taxation des revenus du capital au même niveau que les revenus du travail". "Si on n'a pas compris qu'une partie de la répartition de la richesse se joue à travers la répartition de la fiscalité on n'a rien compris", poursuit-il. "Ce n'est que le début, parce qu'il faut un vrai changement structurel sur la contribution des plus hauts revenus et des revenus du capital au bien commun dans notre société".

Mais cet amendement devrait être balayé par la future utilisation du 49.3 dans les prochaines heures, ce qu'il regrette : "Bordel, quand est-ce qu'on va comprendre que la démocratie c'est la pluralité des points de vue. On voit bien qu'il y a un mouvement de fond sur l'idée qu'il faut faire quelque chose sur la contribution des plus riches."

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Sur les retraites, il y aura un texte de loi dédié, avec d'ici là une série de concertations. "On valide le fait qu'il n'y ait pas eu de passage en force. Après la concertation est engagée dans une méthode objectivement ouverte, mais ça va demander du temps (...) mais on ne concertera pas avec un sablier sur la table. Sur l'emploi des seniors, on a demandé au gouvernement de rediscuter encore."

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