Immigration : "voter une loi qu'on sait inconstitutionnelle" est un "comble", estime François Hollande

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François Hollande, invité de la Matinale de France Inter ©Radio France - Grégoire Nicolet
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"Le texte qui vient d'être voté est un texte écrit par Les Républicains sous la dictée du Rassemblement national", a déploré François Hollande après l'adoption par le Parlement mardi soir du projet de loi immigration.

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"Le texte qui vient d'être voté est un texte écrit par Les Républicains sous la dictée du Rassemblement national", a fustigé jeudi l'ancien président de la République François Hollande après l'adoption par le Parlement mardi soir du projet de loi immigration. Pour l'ancien chef de l'État ce texte "venu du Sénat" a été "écrit par la majorité Les Républicains du Sénat, confirmé par les LR au niveau national, sous l'influence du Rassemblement national, puisqu'est intégrée même ce que nous pensions inimaginable, la différenciation des aides selon la nationalité, c'est la préférence nationale".

L'ancien chef de l'État critique un projet qui va avoir des conséquences sur les étrangers "en situation régulière" sur notre territoire. Il se défend d'ailleurs d'avoir déjà mis en place des distinctions entre les Français et les étrangers,  comme l'a affirmé Élisabeth Borne mercredi matin. "C'est faux juridiquement et fallacieux politiquement", dit-il. "Il y a deux types de prestations : les prestations universelles, qui s'attachent à une situation sociale, il faut être en situation régulière et les revenus de complément, qui supposent un parcours professionnel, une distinction que les juges constitutionnels auront à rappeler."

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"C'est un comble", souligne par ailleurs François Hollande, "de dire qu'on fait voter une loi dont on sait qu'elle est inconstitutionnelle, qu'on se défausse sur le Conseil pour annuler un certain nombre de dispositifs". L'ancien président estime que cela induit "un débat qui va être extrêmement dangereux pour les principes fondamentaux de la République".

"Il n'y a peut-être jamais eu de 'en même temps'"

"Je ne suis pas responsable de l'évolution du président Macron, il a commencé au centre-gauche, il finit par avaliser un texte de la droite dure", répond François Hollande sur le positionnement de son successeur. "On le voit changer de pied, sur chacun des sujets, selon les circonstances, les contextes, les interlocuteurs. Il n'y a pas de direction, de cohérence, le pays est divisé aussi parce qu'il ne comprend pas vers quoi un président le conduit. Il n'y a peut-être jamais eu de 'en même temps' et plutôt une succession d'allers et venues et peut-être une habileté de considérer qu'il fallait du dépassement, que la gauche et la droite, c'était fini. Dépasser les clivages, c'est une vieille affaire, on en connaît le résultat, vous finissez entre la droite et l'extrême droite", lance-t-il.

Selon François Hollande, "il y a une montée des peurs, des populismes, en pensant que la fermeté, qui est nécessaire, peut être une solution à tous les sujets. Dans ces moments-là, le rôle du président de la République, c'est d'assurer l'unité, la cohésion, d'apaiser les esprits, or tout ce qui se fait depuis plusieurs jours, plusieurs mois, a l'effet exactement inverse", regrette-t-il. "Plutôt que d'assurer ce qui doit être le destin commun de la Nation, il y a aujourd'hui une division profonde."

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