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A un check-point à Hérat, dans l'Ouest de l'Afghanistan, le 28 juillet. ©AFP - Hoshang Hashimi
A un check-point à Hérat, dans l'Ouest de l'Afghanistan, le 28 juillet. ©AFP - Hoshang Hashimi
A un check-point à Hérat, dans l'Ouest de l'Afghanistan, le 28 juillet. ©AFP - Hoshang Hashimi
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Résumé

Nassim Majidi, chercheuse et fondatrice du centre de recherches Samuel Hall basé à Kaboul ; Georges Lefeuvre, anthropologue et chercheur associé à l’IRIS ; et Adel Adbul Raziq, président de l’Association des anciens auxiliaires afghans de l’armée française, sont les invités du Grand entretien.

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Un rapport officiel américain publié jeudi affirme que les attaques des talibans contre le gouvernement afghan ont fortement augmenté, depuis la signature en février 2020 de l'accord conclu entre les Etats-Unis et les insurgés qui a conduit au retrait des forces étrangères du pays. À tel point qu'il est "possible que dès le mois de septembre, Kaboul chute" explique la chercheuse Nassim Majidi, qui constate que cette fois, à la différence des précédentes prises de la ville, l'assaut des talibans est ralenti par la mobilisation de la population civile : "La population afghane prend les armes", explique-t-elle. 

La population afghane ne fait vraiment plus confiance à son gouvernement. Le souci premier, c'est comment obtenir un passeport pour partir

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Promesses non tenues de la France

De son côté, Adel Abdul Raziq, président de l'Association des anciens auxiliaires afghans de l'armée française regrette : "La France a abandonné ceux qui ont travaillé avec la France pendant des années, ceux qui ont travaillé avec l'armée française pendant des années."

"La France, au début, nous a promis un visa mais petit à petit, on a vu que malheureusement, elle n'a pas tenu ses promesses. Ça veut dire qu'elle a oublié ses soldats en Afghanistan", ajoute-t-il, alors que 80 personnes sont encore en Afghanistan et "souffrent actuellement des menaces des talibans et leurs partisans". Sur environ 800 Afghans employés par les troupes françaises entre 2001 et 2014, 300 ont pu obtenir un visa, souligne-t-il.

Et parmi ceux qui restent sur place, "les femmes ont le plus à perdre. Pour elles, le départ des troupes est un désaveu de leurs droits" estime encore Nassim Majidi : "Les talibans gardent leurs anciennes pratiques : ils terrorisent les résidents, ferment les médias, forcent les femmes à porter la burqa". Désormais,l’Afghanistan est "un terreau de terroristes, mais de groupes multiples", affirme -t-elle, en rappelant qu'avec la situation en Afghanistan avec l’avancée des talibans, "ce n'est pas juste la stabilité de l'Afghanistan qui est en jeu. C'est une stabilité régionale et aussi mondiale."

Références

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
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Production
Léa Salamé
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