Sandrine Rousseau
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Sandrine Rousseau ©AFP - Emmanuel DUNAND / AFP
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Sandrine Rousseau, députée Nupes-EELV de Paris, évoque la crise interne à son parti, qui "n'est pas un jeu de massacre, c'est une question fondamentale qui est l'égalité femme-homme". Elle évoque la démission de Julien Bayou et la libération de la parole des femmes.

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Sandrine Rousseau, députée Nupes-EELV de Paris, répond aux questions de Nicolas Demorand et Léa Salamé. L'occasion de revenir sur la situation interne d'Europe écologie les verts depuis les accusations de violences psychologiques visant Julien Bayou, qui a démissionné. Elle répond également à Elisabeth Badinter. Sandrine Rousseau évoque aussi son combat féministe et sa vision de la libération de la parole.

Crise à EELV : "Pas un jeu de massacre"

Le parti de la députée Nupes-EELV de Paris est pris dans une tempête interne, après la démission de Julien Bayou, accusé de violences psychologiques par une ex-compagne. "Ca n'est pas un jeu de massacre, c'est une question fondamentale qui est l'égalité femme-homme", assure Sandrine Rousseau. "Nous sommes présents sur les autres sujets, mais la question c'est quel est le relais de cette parole sur les autres sujets ?", se questionne-t-elle. "Il y a eu une conférence de presse du groupe écologiste, je n'y suis pas allée pour ne pas la perturber, et quasiment rien n'a été retenu par la presse. Les journalistes y allaient pour trouver du sang et des larmes."

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Selon Sandrine Rousseau, il est toujours difficile d'avoir un discours sur l'écologie et "d'être entendu pour cela". "Moi-même qui porte une écologie que j'assume être de rupture, finalement on retient beaucoup plus mes combats sur l'égalité femme-homme que l'écologie." Ce "changement radical" prôné par Sandrine Rousseau, "on l'entend quand je parle du barbecue, mais on ne l'entend pas quand je dis par exemple de changer radicalement notre manière de consommer", se désole-t-elle.

"Il n'y a pas d'inquisition féministe", dit la députée

Sandrine Rousseau répond également à Elisabeth Badinter, qui dans le studio de France Inter la semaine dernière l'attaquait durement, se disant choquée par la révélation par la députée des problème personnels entre Julien Bayou et son ex-compagne, à la télévision : "A partir du moment où on incrimine les féministes, où on leur demande de s'excuser, on est du côté de l'ordre tel qu'il est actuellement, qui est un ordre patriarcal." "Il n'y a pas d'inquisition féministe. Il y a juste la protection d'une parole des femmes, et le fait que cette parole soit entendue et respectée. Pour qu'une femme parle, il y a un processus personnel à faire, lourd et douloureux", poursuit-elle.

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Y'a-t-il, de la part de Sandrine Rousseau, une présomption de vérité quand une femme parle et une présomption de culpabilité quand un homme est mis en cause ? "Il n'y a pas de présomption de vérité, c'est une présomption de respect de la parole. La révolution qui est en train de se faire, c'est un a priori de respect, de dire "si elle le dit, on doit l'entendre", ça ne veut pas dire qu'elle a raison", répond-elle. Fallait-il parler de l'ex-compagne de Julien Bayou à la télévision plutôt que devant la justice ? "J'aimerais que toutes les personnes qui renvoient systématiquement à la justice mettent autant d'énergie à faire en sorte que la justice traite les cas. Le nombre de condamnations pour viol est scandaleusement bas. Pourquoi ne nous levons-pas ?"

"Je réfute le fait que Julien Bayou 'tombe'"

"En politique il y a la question de l'éthique : que sont nos représentants, qu'est-ce qu'on leur demande ? C'est une question politique, qui est en dehors de la justice", assure Sandrine Rousseau. "Je réfute le fait que Julien Bayou 'tombe'. Personne n'a appelé à sa démission. Le temps de l'enquête, je pense qu'il est bon qu'il ne prenne pas la parole. Ne pas prendre la parole, ce n'est pas dramatique. Lui-même a décidé de démissionner", dit la députée.

Sur les révélations du collectif "Louves Alpha" dans le journal Libération, sur "comment des militantes et des ex ont mis le chef d’EE-LV sous surveillance", Sandrine Rousseau assure qu'elle ignorait son existence : "J'ignorais totalement l'existence de ce collectif, mais je récuse le fait que ce soit un collectif qui "enquête" sur la situation de Bayou. Ce sont des femmes qui se parlaient et qui cherchaient à protéger de nouvelles conquêtes de Julien Bayou. Les femmes ont le droit de dire qu'elles souffrent."

Enfin, Sandrine Rousseau revient sur la manifestation en soutien aux femmes iraniennes, la veille à Paris. Selon l'AFP, avec d'autres femmes de gauche, dont Manon Aubry et Laurence Rossignol, elles ont été huées et sifflées. "Déjà, j'étais invitée à cette manifestation par les organisateurs. Ce qu'il s'est passé hier, c'est que les trois femmes de gauche qui ont parlé, Manon Aubry mais aussi Laurence Rossignol et moi-même, avons été sifflées. Pourquoi dans une manifestation en soutien à des femmes, les femmes sont-elles sifflées ?"