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Manuel Valls dans le studio de France Inter. ©Radio France
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Résumé

Manuel Valls, ancien Premier ministre et ancien ministre de l'Intérieur, répond aux questions de Nicolas Demorand et Léa Salamé. Il s'est notamment exprimé sur l'état de la gauche, à quelques mois de la présidentielle.

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Désormais dans le rôle du commentateur, l'ancien Premier ministre a tout d’abord donné son sentiment sur l’élection présidentielle de 2022. Alors que la gauche est aux abois dans les sondages, Manuel Valls déplore cette situation aujourd’hui, qu’il juge "dramatique". "N’y voyez aucune rancœur et nostalgie de ma part. Ce qui m’inquiète, c’est le manque de débat de gauche à quelques mois de la présidentielle."

La gauche est "détruite"

L’ex Premier ministre critique notamment les propositions des candidats : "réduction du temps de travail, régularisation des sans-papier… On voit bien que la gauche n’a pas renouvelé son regard sur le monde et l’entreprise. Je suis convaincu que c’est dans le rapport à la valeur travail que la gauche pourrait aussi se réinventer." 

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Il décrit Anne Hidalgo comme "courageuse" mais l’assure, la maire de Paris "poursuit une chimère qui est l’union des gauches. C’est impossible car avec Jean-Luc Mélenchon, aucun accord n’est possible sur la vision du monde, de l’Europe. La primaire de gauche est absurde." L’ancien maire d’Evry rappelle d’ailleurs qu’il a "toujours combattu la France Insoumise"

Selon lui, la gauche est "détruite" et mettra "beaucoup de temps" pour se reconstruire. "Elle doit peser dans le débat des idées et doit renouer avec la culture du gouvernement. En France, la gauche n’a pas assumé le quinquennat et moi, malgré les erreurs commises, j’assume ce que nous avons fait." 

Toujours au sujet de l’élection présidentielle, qui est dans à peine quatre mois, Manuel Valls estime que l’un des enjeux majeurs est "la recomposition de la droite. Valérie Pécresse est-elle capable de garder une droite républicaine ? C’est fondamental pour l'équilibre de notre pays."

Emmanuel Macron "a échoué" à réconcilier les Français

Une campagne présidentielle qui se tient dans un contexte particulier, où la population française fait preuve d’une défiance grandissante vis à vis du monde politique. L'ancien chef du gouvernement de François Hollande trouve d’ailleurs qu’Emmanuel Macron "a échoué sur un point : la réconciliation des Français avec eux-mêmes et la politique. (...) Ce qui m’inquiète c’est la situation de la démocratie, le rapport des Français à la démocratie, c’est une crise profonde de nos démocraties."

Concernant la progression des idées d’extrême droite en France, Manuel Valls le reconnaît, "nous avons tous notre part de responsabilité. Il y a un sentiment de déclin au sein du peuple. Nous sommes une grande puissance économique, notre parole compte, mais il y a ce sentiment (...) Ce n'est pas vrai que c'était mieux avant."

Pour faire face selon lui à l’extrême droite, il y a notamment une solution : l’union sacrée. "Je pense que sur un certain nombre de sujets : on a besoin d’un véritable accord des forces républicaines, de quelque chose de puissant. Quand on regarde les arguments des uns et des autres on devrait être capable de créer les conditions d'une union sacrée."

"Je suis de gauche. Je n’ai pas changé, c’est la gauche qui a changé."

Manuel Valls appelle d’ailleurs à débattre avec Eric Zemmour et Marine Le Pen. 

"Il faut affronter les idées. Quand vous avez plus d’un tiers des Français qui veulent voter pour un des deux candidats, il faut débattre. Sur les valeurs, sur les mensonges. Face à cela, il faut proposer une autre vision de la République et démontrer combien nous sommes à l'écoute des Français, notamment sur le pouvoir d'achat."

Souvent critiqué pour son départ en Espagne, ses déclarations et prises de position, l’ancien député se défend. "Je suis de gauche. Je n’ai pas changé, c’est la gauche qui a changé. Ma gauche, c’est toujours celle de Clemenceau, de Ferry."

Interrogé sur l’avenir et la possibilité d’avoir ou non un rôle dans la future campagne d’Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre assure "ne pas savoir". "Je suis dans le rôle du commentaire. C’est le rôle du Premier ministre de livrer son expérience." Manuel Valls l’assure néanmoins, il ne sera pas candidat aux prochaines élections législatives. 

Références

L'équipe

Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Stéphanie Boutonnat
Collaboration
Alexandre Gilardi
Collaboration
Juliette Hackius
Collaboration