De gauche à droite : Jérôme Fourquet, Corinne Lhaïk et Vincent Martigny.
De gauche à droite : Jérôme Fourquet, Corinne Lhaïk et Vincent Martigny.
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De gauche à droite : Jérôme Fourquet, Corinne Lhaïk et Vincent Martigny. ©Radio France - Capture d'écran / France Inter (DR)
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Résumé

Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion à l'IFOP, Corinne Lhaïk, journaliste à l’Opinion, et Vincent Martigny, historien et professeur de science politique à l’université de Nice, sont les invités du Grand entretien de France Inter.

avec :

Corinne Lhaïk (journaliste à l’Opinion), Vincent Martigny (Maître de conférences en science politique à l’Ecole Polytechnique et chercheur associé au CEVIPOF, membre du comité de rédaction de la revue trimestrielle Zadig et du 1 hebdo.), Jérôme Fourquet (analyste politique, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l'institut de sondages IFOP.).

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Quelle première ministre pour le nouveau gouvernement d'Emmanuel Macron ? Pourquoi celui-ci met-il autant de temps à être nommé ? Le président réélu "aime prendre le temps, il ne veut pas être prisonnier des horloges médiatiques", selon Corinne Lhaïk, journaliste à l’Opinion, auteure de "Président cambrioleur" et coauteure de "La nuit tombe deux fois". "Il a du mal à trouver son premier ministre, qui sera une première ministre, c'est à peu près la seule certitude qu'on peut avoir", poursuit-elle. A ce stade, deux principaux noms circulent : Elisabeth Borne, actuelle ministre du travail et Catherine Vautrin, présidente de la communauté urbaine du Grand Reims.

Quelle orientation politique pour ce nouveau mandat ?

Quelle orientation politique pour le prochain quinquennat ? Un pas vers la gauche écologiste ou vers la droite libérale ? "Je pense qu'il aimerait ne pas sortir" de l'ambiguïté, selon Jérôme Fourquet, qui estime que "la nomination d'un premier ministre et sa coloration seront largement commentés et ne seront pas sans incidence sur les élections législatives."

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"Le fait que Jean-Luc Mélenchon ait réussi son coup autour de cette alliance n'était pas forcément prévu à l'Elysée et explique peut-être pourquoi le nom met un peu plus de temps à sortir", analyse encore le directeur du département Opinion à l'IFOP. Avec une question en suspend : "Faut-il continuer comme dans l'entre deux tours continuer à envoyer un message marqué à l'électorat de gauche" ou au contraire se tourner davantage vers l'électorat de droite ?

Selon Vincent Martigny, professeur de science politique à l’université de Nice, au contraire "le premier ministre ne sera pas le chef de guerre de ces élections législatives", par manque de "temps pour mener cette campagne".

Le choix d'une femme première ministre, en rupture avec l'exercice du pouvoir en Macronie

"Emmanuel Macron ne fait pas tellement attention au sexe des gens qui l'entourent. Par son parcours, il a été entouré par des hommes qui aiment être entre hommes et il n'a jamais cherché à faire de discrimination positive, malgré ce qu'il a dit", estime Corinne Lhaïk. Elle précise tout de même "que son gouvernement est paritaire, et que le groupe LREM à l'Assemblée Nationale l'est aussi."

Tous ceux qui exercent un réel pouvoir au sein de la Macronie sont des hommes. Il a voulu rompre avec cette pratique, mais le risque est que cette recherche de 'la femme' confine à la gadgetisation.

Vers une nouvelle méthode de gouvernance, moins verticale ?

Emmanuel Macron a promis au soir de sa victoire il y a trois semaines une méthode de gouvernance refondée, moins verticale. "On jugera sur pièce", estime Jérôme Fourquet, "ce n'est pas le premier homme politique qui nous entonne le refrain : 'j'ai changé'".

Pour l'instant, on a le sentiment qu'on est plutôt dans la poursuite d'un exercice assez jupitérien

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Selon Corinne Lhaïk, le président réélu "est pris entre son intelligence, qui lui commande de changer, et son caractère, qui l'incite à regarder d'abord son confort personnel".

Avis partagé par Vincent Martigny qui confirme :"il y a deux plans : celui des idées et celui du caractère" d'Emmanuel Macron. "Sur le plan des idées, il n'a pas de dogmes très affirmés, hormis le soutien sans faille à l'Union Européenne". "S'agissant de la méthode je serais plus circonspect", poursuit-il, "on ne change pas forcément de caractère : c'est un homme d'autorité, voire autoritaire."

Quelle issue aux élections législatives ?

Selon Jérôme Fourquet, on ne se dirige pas vers une victoire de l'alliance NUPES. "De là à atteindre 290 sièges, tout cela est compliqué. Sauf à ce qu'on ait un message très à droite envoyé par Emmanuel Macron". Au contraire, Vincent Martigny pense que les électeurs de gauche iront davantage voter qu'en 2017.

A droite, "une partie des députés sortant peut être tentée par les sirènes du macronisme, notamment en répondant à l'appel d'Edouard Philippe et d'Horizons", poursuit Jérôme Fourquet. Il peut aussi y avoir, selon lui, un phénomène de "vote utile", pour tenter d'éviter l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon à Matignon. "Ce qui se joue, c'est le statut de première force d'opposition à l'assemblée", rappelle-t-il. Corinne Lhaïk et Vincent Martigny s'accordent sur le fait que si "l'opposition ne peut pas s'exprimer au Parlement", il peut y avoir un retour de la contestation dans la rue.

Références

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Alexandre Gilardi
Collaboration
Juliette Hackius
Collaboration
Stéphanie Boutonnat
Collaboration