Alain Fischer : "Il faut essayer de convaincre les non vaccinés, c’est ainsi que l’on se protège"

Alain Fischer
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Alain Fischer ©AFP - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP / POOL
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Alain Fischer, professeur d'immunologie pédiatrique et président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

Avec
  • Alain Fischer Médecin, professeur d'immunologie et Président du comité d'orientation de la "Concertation citoyenne sur les vaccinations"

"Il faut essayer de convaincre les non vaccinés. C’est ainsi que l’on se protège. C’est essentiel" affirme sur France Inter Alain Fischer, immunologue, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale anti-Covid 19. Le gouvernement compte instaurer un pass vaccinal d’ici la fin du mois de janvier pour lutter contre l’épidémie.

"Le pass vaccinal signifie que l’on ne peut pas avoir une activité sociale sans être vacciné, on risque de se contaminer et de contaminer les autres, c’est sur ce plan essentiel" explique Alain Fischer. "C’est une forme de semi-confinement des personnes qui ne sont pas vaccinées. [...] C’est une très forte incitation à cela." Alain Fischer reconnaît que "le pass vaccinal n’est pas très loin de l’obligation".

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Le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale anti-Covid 19 estime que "la majorité des patients de moins de 65 ans qui sont hospitalisés ne sont pas vaccinés, au-delà de 65 ans ou presque, un tout petit moins de la moitié sont non vaccinés. Les autres sont beaucoup de personnes fragiles. Ils répondent mal à la vaccination."

Alain Fischer rappelle que "les gestes barrières sont indispensables, il est suggéré de ne pas se retrouver en grand nombre lors des fêtes de fin d'année et de faire un test antigénique avant de retrouver sa famille". 

Bientôt le feu vert pour la vaccination des enfants

Concernant la vaccination des 5-11 ans, qui pourrait démarrer dans les prochains jours : "On n’a pas d’inquiétude. Il faut absolument s’assurer qu’il n’y ait pas d’effets indésirables. Pour l’instant, les informations que l’on a, ce sont sur les études cliniques, qui sont insuffisantes." La vaccination des enfants a démarré début novembre aux États-Unis : "Nous allons avoir dès demain, on l’espère les données sur la sécurité du vaccin." 

"C’est indispensable d’avoir cette information avant de donner le feu vert" poursuit-il. Car il y a des formes graves et rares chez les enfants, 150 enfants de moins de 10 ans sont hospitalisés en France à cause du Covid-19 d’après Alain Fischer.

Un vaccin résistant face à Omicron

L’immunologue rappelle que les vaccins, une fois le rappel effectué, protège contre Omicron à "70, 75% contre l’infection, et sans doute à un niveau beaucoup plus élevé contre les formes graves. Ils protègent bien. Mais on ne connait pas la durée de protection."

Enfin, il n’est pas question de se décourager, même si le vaccin ne permet pas l’infection. "Où en serions-nous si nous n’avions pas eu de vaccin ?" s’interroge Alain Fischer ? "Il y a des exemples à travers le monde. À New-Delhi, en Inde, il y a un KO total du système de santé, au printemps seulement 5% des gens étaient vaccinés. En France certainement des dizaines de milliers de vie ont été sauvées et épargnées, des centaines de milliers de situation."