Valérie Masson-Delmotte : "En France, on est à 1,7 degré de plus, c'est plus que la moyenne planétaire"

Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, membre du Haut Conseil pour le climat et coprésidente du groupe 1 du GIEC
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Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, membre du Haut Conseil pour le climat et coprésidente du groupe 1 du GIEC ©AFP - Daniel Pier
Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, membre du Haut Conseil pour le climat et coprésidente du groupe 1 du GIEC ©AFP - Daniel Pier
Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, membre du Haut Conseil pour le climat et coprésidente du groupe 1 du GIEC ©AFP - Daniel Pier
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Valérie Masson-Delmotte, climatologue qui a formé les ministre aux enjeux climatiques pendant quelques heures, revient sur l'intérêt de former politiques et citoyens, mais aussi sur les risques du réchauffements de la planète, déjà constatés cet été.

La climatologue Valérie Masson-Delmotte a été choisie, lors du séminaire de rentrée qui se tenait à l'Elysée, afin d'exposer et de former pendant deux heures les ministres aux enjeux du changement climatique. "La pression était lourde sur mes épaules", explique la directrice de recherche au Laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement de Paris-Saclay, membre du GIEC et du Haut Conseil pour le Climat. Elle a pu faire par "de l'urgence de la situation".

Elle revient également sur la polémique autour du déplacement en avion du PSG, assurant que Kylian Mbappé serait "un excellent ambassadeur".

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Partager "les leviers d'action qui existent"

Valérie Masson-Delmotte voulait également faire partager "les leviers d'action qui existent pour engager des changements". "A la fois pour agir sur les causes, c'est à dire les émissions de gaz à effet de serre, avec un enjeu pour doubler le rythme de baisse dans les années à venir", ajoute la climatologue. Sans oublier d'agir "sur les conséquences, de sorte à être résilient".

"C'est un symbole qui a été manifesté par le gouvernement, ce temps nécessaire de formation", précise-t-elle. Même si "bien sûr", avec seulement deux heures de formation "avoir une image d'ensemble sur le changement climatique, on peut le faire rapidement, mais acquérir les compétences pour pouvoir agir demande du temps". Devrait-on tous se former ? "Oui, je pense que c'est nécessaire", répond-elle.

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"Qu'est-ce qui pousse à des transformations profondes ? Les mots des scientifiques ou les faits qu'ils partagent ? Parfois. L'expérience vécue chez les autres ou chez soi ? Beaucoup de personnes cet été m'ont fait part de leur détresse", témoigne la climatologue. "La détresse de voir l'accélération de la fonte des glaciers ou les incendies de forêt", par exemple. D'autres sont également touchés "dans leurs revenus, dans leur exploitation agricole par exemple", ajoute-t-elle. Souvent, ce qui est déterminant, "c'est le fait de s'inscrire dans une société qui se met en mouvement, et qui se voit non pas comme dans une sorte de déni qu'on construit mais faisant face, comme partout dans le monde à une situation inédite".

Une hausse de la température avec "quatre risques"

Est-ce que ce qu'on a vécu cet été pourrait devenir la norme ? "On est au niveau planétaire à 1,1 degré de réchauffement. En France, c'est déjà 1,7 degré de plus, c'est plus que la moyenne planétaire", précise déjà la climatologue. ET ça comporte quatre risques : "la chaleur extrême, la pénurie d'eau, l'impact sur notre production d'alimentation, et enfin les pluies extrêmes", explique Valérie Masson-Delmotte.

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Pourtant, tout le monde n'a pas encore conscience de l'urgence. Elle témoigne : "La phrase la plus tragique que j'ai entendue en présentant un rapport du GIEC, c'était : 'Tout va bien, puisque les enfants l'apprennent à l'école !' C'est pas aux enfants de porter la charge mentale d'une transformation de fond..."

Que pense-t-elle de l'idée de "couper le wifi" pour économiser l'énergie ? "Au-delà de ce qu'on peut faire individuellement, on pourrait demander aux opérateurs d'avoir des systèmes qui mettent en veille les box lorsqu'on ne s'en sert pas", assure Valérie Masson-Delmotte.

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"Ce que je vois, c'est une multitude de personnes qui sont engagées dans une action à leur échelle notamment les étudiants. Pour les jeunes générations, c'est assez spectaculaire : il faut les rendre plus visibles", dit également la climatologue. Elle l'assure, on a également "besoin de personnalités influentes qui elles-mêmes donnent l'exemple". D'ailleurs, "Kylian Mbappé serait un excellent ambassadeur, et il y a plein de scientifiques qui seraient ravis d'échanger avec les footballeurs au PSG", dit-elle au lendemain de la réaction polémique du joueur et de son entraîneur, à propos d'un déplacement Paris/Nantes réalisé en avion par le club.

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