Pierre Moscovici
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Pierre Moscovici ©AFP - Daniel Pier / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Pierre Moscovici, premier président de la Cour des Comptes, est l'invité du Grand entretien, à l'occasion de la publication de cinq nouvelles notes sur l'état de la France.

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La Cour des comptes publie aujourd'hui les cinq dernières notes d'une série de 13 publications qui permettent de comprendre comment va la France, quels sont les grands problèmes qu'elle traverse et qui appellent sans doute des réformes. La salve publiée aujourd'hui concerne l'école, la santé, l'industrie, la culture et l'insertion professionnelle des jeunes. 

Alors que la campagne présidentielle est lancée, Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, rappelle tout d'abord qu'elle n'est "ni un think tank, ni une ONG, ni un acteur politique. La Cour des comptes est impartiale et indépendant. En revanche, notre rôle est d'informer le citoyen. Nous nous sommes dit qu'il n'était pas mauvais de livrer un certain nombre de diagnostics pour alimenter non pas les choix politiques mais le débat public, ce qui est notre rôle." L'ex-ministre l'assure, "nous fournissons des éléments de réflexion pour le débat public, pour le citoyen, mais restons à notre place".

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"Les dépenses publiques sont à un niveau exceptionnellement élevées"

Avant de revenir sur ces notes, l'ancien ministre de l'Economie précise tout d'abord "qu'en juin dernier, j'ai remis un rapport au président de la République et au Premier ministre sur la situation des finances publiques en sortie de crise. Ce rapport disait tout d'abord que le quoiqu'il en coûte était validé. Il est légitime de dépenser exceptionnellement et c'est ce qui a permis de sauver notre économie."

S'il juge que la politique du gouvernement a été appropriée à la situation, Pierre Moscovici précise néanmoins que "nous sommes sortis de la crise sur le plan économique, avec une économie qui va mieux mais avec des faiblesses structurelles qui sont toujours là, des dépenses publiques qui sont à un niveau exceptionnellement élevées et une dette publique qui est de l'ordre de 115% du PIB et qui pèse sur les générations futures. Nous disons que la stratégie de sortie de crise c'est une stratégie de croissance et pour cela  il y a des dépenses à faire dans la recherche, dans l'innovation. Et de l'autre côté, il y a une maitrise des dépenses à opérer et elle passe par une identification des problèmes et par des réformes."

Il ne sert à rien de mettre la poussière sous le tapis

Dans la note sur la santé, la Cour annonce qu'il y a 270 milliards d'euros par an de dépenses de santé, un déficit qui va s'accumuler sur cinq ans de 130 milliards d'euros et "à un moment donné, il y a un problème de soutenabilité. Nous ne disons pas comment il faut faire mais nous essayons de poser le diagnostic et faisons des recommandations.

Toujours sur ce thème, la Cour se dit inquiète des déficits de l'Assurance maladie. Pierre Moscovici pointe tout d'abord "des problèmes structurels, des problèmes de long terme qui doivent être traités et il ne sert à rien de mettre la poussière sous le tapis". Selon lui, "il faut absolument maitriser les dépenses de santé et il faut le faire sans austérité", tout en précisant que "nous ne sommes pas en train de dire qu'il faut taper sur le personnel et qu'il faut les payer moins".

"Une industrie qui décroche c'est un pays qui déclasse"

Concernant l'industrie, "je pense qu'il y a eu un problème culturel. J'ai toujours été très préoccupé par le déclin de l'industrie. Une industrie qui décroche c'est un pays qui déclasse". D'après la Cour des comptes, l'industrie représente 11% du PIB et "nous avons décroché par rapport à l'Allemagne et le nord de l'Italie". Il souligne néanmoins, "une prise de conscience, on crée plus d'emploi dans l'industrie qu'on en détruit" et rappelle "priorité à l'industrie". Pierre Moscovici se veut néanmoins optimiste. "La France a reculé sur le plan industriel mais la France n'est pas en déclin. La France est un grand pays avec un grand avenir mais il faut le tracer."

Enfin, alors que selon la Cour, l'Education Nationale représente 76 milliards d'euros, Pierre Moscovici explique quelle "s'interroge sur la manière dont on peut améliorer fonctionnement de l'école". Au sujet de la culture, l'ancien ministre de l'Economie note que le ministère "dans sa centralité a perdu sa forte impulsion. Il a besoin de se réinventer en se recentrant sur sa mission stratégique".

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Alexandre Gilardi
Collaboration
Juliette Hackius
Collaboration
Stéphanie Boutonnat
Collaboration