Amélie Oudéa-Castera : "On est à la tâche, dans nos temps de passage" pour les JO 2024

Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques
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Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques ©AFP - Xose Bouzas / Hans Lucas
Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques ©AFP - Xose Bouzas / Hans Lucas
Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques ©AFP - Xose Bouzas / Hans Lucas
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A cinq cent jours des JO 2024, Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, est l'invitée du Grand Entretien de 8h20.

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"On est à la tâche, dans nos temps de passage, avec encore beaucoup de choses à faire et avec une détermination farouche pour délivrer la meilleure organisation possible, organiser une belle fête populaire et travailler sur un héritage durable et éthique" des Jeux, commence la ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castera.

L'ensemble des structures seront livrées "entre décembre 2023 et le printemps" 2024, "pour permettre ensuite au COJO de prendre possession de ces lieux", explique-t-elle.

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Transports : la ligne 14 "sera prête dans les temps"

Autour de ces jeux, persistent deux points de crispation et d'inquiétude : la sécurité et les transports. Il faudra transporter durant les Jeux environ 7 millions de personnes. "On est très à la tâche avec le ministre chargé des Transports, la région Ile de France et la préfecture de police. Il va falloir qu'on arrive à acheminer 800.000 personnes quotidiennement : 600.000 spectateurs et 200.000 accrédités." Pour cela, la ligne 14 va être prolongée jusqu'à Orly et Saint-Denis. "Elle sera prête dans les temps, au printemps 2024" assure la ministre.

"On travaille sur les gares, celle de Saint-Denis-Pleyel et celle de la gare du Nord", et on déploie "un plan de transport pour gérer les flux. On aura besoin d'augmenter la fréquence les trains et les bus de 15% sur l'ensemble des lignes qui desservent les sites et on a des plans de recrutement en cours", poursuit Amélie Oudéa-Castera.

L'ouverture à la conccurrence des transports franciliens est-elle sur la table ? "Elle est aujourd'hui prévue., répond la ministre. il y a des discussions en cours entre Clément Beaune - ministre des Transports et Valérie Pécresse - présidente de la région Ile-de-France, qui aura le dernier mot sur ce sujet-là."

Sécurité : une éventuelle mobilisation de l'armée "ne fait pas partie des tabous"

L'autre enjeu majeur est celui de la sécurité. Comment l'assurer lors de la cérémonie d'ouverture, avec plus de 400.000 spectateurs attendus ? "On a une très forte mobilisation des forces de sécurité intérieure, 45.000 quotidiennement, 30.000 pour la cérémonie d'ouverture", avec "au pic 20.000 à 22.000 agents de sécurité privée". Au cœur de la lutte, "la prévention des grands risques : le terrorisme, la lutte anti-drones et la cybersécurité".

Où loger ces forces de sécurité, et comment en former assez ? "Pour le logement, on est en train de recenser l'ensemble des capacités, le recensement est pour l'instant tout à fait rassurant", confie encore la ministre. Sur la sécurité privé, "on travaille pour aller chercher le vivier de ceux qui ont déjà un titre pour exercer le métier d'agent de sécurité privée et on a créé un titre spécifique avec une formation raccourcie."

Si on venait à manquer de bras, l'armée pourrait elle être mobilisée ? "Ça ne fait pas partie des tabous", même si tout est fait pour être "pleinement au rendez vous des besoins" sans.

Budget : pas de risque de "dérapage", selon la ministre

Le budget des Jeux est de 8.8 milliards d'euros, dont 2 milliards de dépenses pour l'Etat. Pierre Moscovici, président de la Cour des Comptes, estime qu'il y a un risque de dérapage budgétaire de 3 milliards d'euros. "Ce n'est absolument pas le scénario dans lequel nous sommes", répond Amélie Oudéa-Castera. "On a passé à la paille de fer l'ensemble des comptes du COJO. On a un bon équilibre entre les recettes et les dépenses."

Paris 2024 est à la recherche de nouveaux partenaires. Le comité organisateur des Jeux doit recueillir 1,2 milliard de fonds privés. Des discussions sont en cours avec LVMH, pas encore partenaire. "Les discussions sont en bonne voie, elles avancent", déclare la ministre, qui ajoute : "le COJO est à 92% du bouclage de cette équation".

Concernant le prix des billets, très élevé, nous sommes "extraordinairement attentifs à l'accessibilité de ces Jeux, je rappelle qu'il y a un million de places à 24 euros". Il y aura une billetterie populaire avec des billets offerts "à la jeunesse, aux bénévoles, à des personnes en situation de handicap" et une "billetterie territoriale", mise en place par les collectivités qui pourront les offrir à leur public. Une nouvelle phase de commercialisation des billets s'ouvre, pour laquelle les personnes peuvent s'inscrire à partir du 15 mars et jusqu'au 21 avril. Les places pour les Jeux paralympiques seront par ailleurs ouvertes à l'automne, puis il y aura une plateforme d'achat-revente des places.

Les personnes de plus de 18 ans qui souhaitent être volontaires pourront s'inscrire sur la plateforme dédiée à partir du 20 mars .

"Ces jeux paralympiques seront les plus importants de l'histoire"

"Ces jeux paralympiques seront les plus importants de l'histoire", assure Amélie Oudéa-Castéra. Elle assure que "la ligne 14 sera totalement accessible", et indique qu'un "groupe d'experts" travaille à l'accessibilité de tous les sites. En revanche, elle ne dote pas plus de détails sur l'accessibilité de structures pérennes après les Jeux, qui pourraient améliorer le quotidien de personnes en situation de handicap.

Si les athlètes russes et biélorusses étaient réintégrés, ce serait "sous bannière neutre"

"On est dans une phase d'intensification des sanctions contre le pouvoir russe. De l'autre côté, il y a un principe onusien de non-discrimination des personnes à raison de leur passeport", indique la ministre. Des compétitions ont été organisées sans les athlètes russes et biélorusses depuis l'invasion de l'Ukraine. Amélie Oudéa-Castéra explique que c'est le Comité International Olympique qui décidera, et que s'il était décidé de les réintégrer, elle serait "sous bannière neutre", et que cela nécessiterait "un mode d'emploi que pour l'instant on ne voit pas". "Nous attendons des réponses avant que le président de la République s'exprime à l'été", puis que le CIO prendra sa décision.

Environnement : "ce sera les Jeux les plus sobres et les plus écologiques de l'histoire"

"Ce sera les Jeux les plus sobres et les plus écologiques de l'histoire", défend la ministre. L'experte en écologie du sport Madeline Orr estime que quoi qu'il arrive, un évènement sportif d'une telle ampleur ne peut pas être complètement durable.

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