Le député européen Yannick Jadot.
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Le député européen Yannick Jadot. ©Radio France - *
Le député européen Yannick Jadot. ©Radio France - *
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Yannick Jadot, député EELV européen, candidat écologiste éliminé au premier tour de la présidentielle, est l'invité du Grand Entretien.

Emmanuel Macron "a été réélu, il est légitime" mais "notre pays reste au bord du gouffre", réagit Yannick Jadot, ex-candidat EELV à la présidentielle, sur France Inter ce mardi matin. "Jamais dans une élection", l'extrême droite n'a été "aussi haute", l'abstention aussi, "notre pays reste au bord du gouffre. Aucun des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés n'est réglé", a poursuivi celui qui a été éliminé dès le premier tour avec 4,63% des suffrages exprimés le 10 avril.

"Heureusement qu’il n’y a pas 42% de Français d’extrême droite. J’ai toujours distingué les dirigeants du RN, le logiciel d’extrême droite et les Français qui pour beaucoup sont désespérés par les promesses non tenues" poursuit l'ancien candidat à la présidentielle.

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La déception du premier tour

Deux semaines après sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle, le candidat écologiste exprime ses regrets et analyse les raisons de son échec. "Oui, on ne va pas se le cacher, c’est une sale gueule de bois" reconnaît Yannick Jadot.

"J’ai fait ce que j’avais à faire pendant les 15 jours qui ont succédé au premier tour. J’ai mobilisé pour que Marine Le Pen perde". Le député européen fait part "de sa déception", mais veut poursuivre ce "combat" : "Quand on est écologiste on a l’habitude de prendre des coups sur la tête, d’être confronté à l’adversité."

Un "pari électoral", qui n'était "pas le bon"

Plus de quinze jours après le premier tour, Yannick Jadot tente d’analyser à froid les raisons de la déroute écologiste de la présidentielle : "Je prends ma part de responsabilité dans cet échec." Il pointe notamment sa stratégie, qu’il remet en question : "Les défis écologistes devant nous sont tellement immenses, nous impose de telles transformations que j’ai engagé cette campagne en disant "il faut apaiser la société, pour mener cette grande transformation."

On voit que les colères ont gagné dans cette campagne, avec une grande brutalité, la radicalité des postures.

Yannick Jadot constate que son "pari électoral" n’a pas été le bon. "Pour faire des voix, il fallait amplifier les colères, les instrumentaliser, trouver des bouc-émissaires (…). Renverser la table, montrer du doigt les coupables, dire à quel point le diagnostic nous impose des transformations radicales. Peut-être que je me suis trop engagé sur ‘il y a un chemin, on va se rassembler’".

Le député européen ne veut pas être qualifié de candidat trop "sérieux". "Quand je vois le rapport du Giec, la catastrophe climatique qui nous pend au nez, quand on voit la guerre en Ukraine, comment on peut reprocher à un responsable politique d’être trop sérieux, de vouloir apporter des solutions ?" s’interroge Yannick Jadot.

Mener la bataille des législatives

Plusieurs candidats ont évoqué "le troisième tour", c'est à dire les élections législatives du mois de juin. "Il nous faut un groupe écologiste puissant à l’Assemblée nationale si nous voulons que la voix écologiste soit portée" clame Yannick Jadot. "Si ce Président décide d'agir pour le climat, évidemment nous soutiendrons les réformes. Mais les débauchages, ça ne sert à rien" répond l'écologiste pour lui demander s'il accepterait une main tendue d'Emmanuel Macron. Le Président élu souhaite un Premier ministre chargé de la planification écologiste.

Pour faire des voix, il fallait amplifier les colères, les instrumentaliser, trouver des bouc-émissaires (…). Renverser la table, montrer du doigt les coupables, dire à quel point le diagnostic nous impose des transformations radicales. Peut-être que je me suis trop engagé sur "il y a un chemin, on va se rassembler".

"Je suis favorable à une coalition dans cette campagne législative", indique Yannick Jadot, ex-candidat EELV à la présidentielle. "On a une telle responsabilité sur le climat", ajoute-t-il. Il faut "un bloc social, écolo, républicain". Cette perspective de coalition "doit être très ouverte" et "cela ne marchera pas" derrière Jean-Luc Mélenchon (LFI). "Si on veut gagner ces élections législatives, il faut respecter les identités de tous les membres de cette coalition".

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