Bruno Le Maire
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Bruno Le Maire ©AFP - Ludovic MARIN / AFP
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Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, est l'invité du Grand entretien de France Inter.

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  • Bruno Le Maire Ministre de l'Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique

Au lendemain de la présentation du budget 2023 par le gouvernement en conseil des ministres, Bruno Le Maire est l'invité de France Inter ce mardi.

Une réforme des retraites à l'été 2023

C'est, outre le budget 2023, le sujet clé du moment : le projet de réforme des retraites. "Il faut le faire, il faut le faire vite, et le faire vite, c'est pas le faire dans la précipitation. On peut prendre quelques mois, quelques semaines de consultations. Au bout du compte, cette réforme est indispensable pour notre pays. Elle est indispensable pour financer notre modèle de protection sociale et augmenter le volume global du travail, qui va nous permettre de garantir la prospérité de nos enfants et de nos petits-enfants. C'est vital pour notre pays." Bruno Le Maire estime "qu'il faut respecter sa parole, en l'occurrence, la parole du président de la République a été claire, la réforme des retraites doit entrer en vigueur à l'été 2023."

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Toujours sur la réforme des retraites, Bruno Le Maire souhaite "qu'elle entre en vigueur à l'été 2023. Cela n'exclut pas d'avoir un dialogue avec les partenaires sociaux, les citoyens, les députés, les sénateurs. Une réforme votée très rapidement, cela ne veut pas dire dans la précipitation. Ce n'est pas comme si on avait jamais parlé de la réforme des retraites. Cela n'exclut pas d'avoir un dialogue. Nous avons des mois devant nous. Il n'a jamais été question, pour répondre à François Bayrou qui est un partenaire précieux de notre majorité, de passer en force." Ce qu'Emmanuel Macron a pourtant dit, lui rappelle-t-on*. "Je n'ai jamais entendu le président de la République dire qu'il allait passer par un amendement. Nous ne passerons pas en force. Mais il faut aussi savoir décider en politique. C'est notre responsabilité et c'est notre mandat".

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Bruno Le Maire croit en un équilibre des comptes publics créé par la réforme des retraites. "Je crois à l'équilibre, parce que c'est ce qui protège les Français quand ça va mal, et ce qui nous permet d'investir quand c'est nécessaire", explique-t-il, avant d'ajouter sur l'emploi des séniors : "Notre objectif, est le plein emploi. Nous avons réglé un problème majeur, l'apprentissage. Nous sommes en train de régler l'accès des jeunes à l'emploi. On a un deuxième sujet, le taux d'emploi des plus de 55 ans. Tant que nous n'aurons pas modifié l'âge de départ à la retraite, on ne changera rien à cet état de fait [que certains Français âgés de 50 ans, ne sont même pas reçus par des entreprises]. Si vous fixez un cap plus lointain sur le départ à la retraite, cela va inciter les entreprises, les salariés à travailler au-delà de 55 ans."

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Le budget 2023

Le budget 2023 a été présenté lundi en conseil des ministres. Le texte se fonde sur une anticipation optimiste de croissance de 1%. Ce n'est pourtant pas les prévisions de la Banque de France et de l'OCDE. Bruno Le Maire estime ne pas être optimiste. "Le rôle du ministre de l'Economie est d'être volontariste, de montrer ce que nous pouvoir atteindre. Le 1% n'est pas hors d'atteinte, il est crédible et volontariste. Quand on regarde le scénario, c'est un scénario dans lequel le contexte géopolitique se dégrade, où les prix de l'énergie continuent de flamber. Ce n'est pas un scénario totalement exclu, mais ce n'est pas notre scénario central." On ne peut pas jamais rien exclure en matière économique. Quand je regarde l'immense capacité de résistance de l'économie française en 2022, j'estime que 1% c'est volontariste mais c'est crédible".

Bruno Le Maire a répondu aux critiques émises lundi par le MEDEF qui juge le budget peu ambitieux, sans répondre aux problématiques actuelles : "J'ai très bien reçu ce tir groupé. C'est normal, dans cette période d'incertitude, certains perdent le nord. Nous, nous n'avons perdu le nord. Nous avons voulu un budget qui tienne un équilibre entre la protection de nos compatriotes et des entreprises, ça coûte cher, et de l'autre côté, le rétablissement des finances publiques, avec un objectif clé, tenir les déficits à 5% de notre richesse nationale en 2023, ce qui fait que j'ai dit que la France était à l'euro près."

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"500 milliards de dépenses dans ce budget, 350 milliards de recettes" lui objecte-t-on. "Le budget de la France, ce n'est pas des clopinettes", lâche Bruno Le Maire. "Nous entrons dans le débat avec 5% de déficit public, donc je n'accepterai pas des amendements qui alourdiraient la dépense, et qui nous feraient sortir de ces 5% de déficit public. C'est pour ça que je dis que la France est à l'euro près. "

"Quant aux critiques du Medef, pour reprendre des propos, c'est un peu fort de café. Je leur fais une proposition, il n'y a qu'à renoncer à baisser les impôts de production, on fera des économies. Si le Medef veut que nous réduisons les déficits et la dette, que le Medef soutienne avec enthousiasme, la réforme des retraites. Dans ce cas-là, qu'on ne nous fasse pas de leçons. Je ne suis pas un homme de colère. Je suis un homme de cohérence", assure Bruno Le Maire. "J'invite chacun à faire une révolution mentale, à rentrer dans ce débat avec le budget, en se disant je serai responsable parce que j'aurai proposé de nouvelles économies."

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Taxer les superprofits, une "taxation permanente"

Sur la proposition de la Nupes de taxer les superprofits, dans des secteurs où des bénéfices exceptionnels ont été réalisés, Bruno Le Maire juge que c'est une mauvaise idée. "Nous récupérons déjà le produit des rentes des énergéticiens d'ENGIE, de Total, c'est ce qui finance le bouclier sur le gaz et l'électricité, c'est-à-dire 20 milliards d'euros. Ce que propose la Nupes, la taxation sur les superprofits, c'est une taxation permanente, ça concerne quasiment toutes les grandes entreprises du CAC 40 et beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire. Ce n'est pas les profits exceptionnels, c'est tous les profits, ce n'est pas une taxation exceptionnelle, c'est une taxation permanente. Donc derrière cette supercherie, se joue le "taxer tout le temps, tout le monde", estime-t-il.

Elisabeth Borne a évoqué hier une proposition de "demander de manière exceptionnel que les laboratoires mettent la main à la pâte." Bruno Le Maire est du même avis. "Nous récupérons aussi des bénéfices qui ont été faits par des entreprises qui les reversent aux Français. Même chose pour les laboratoires. Bien sûr qu'ils vont donner, qu'ils doivent contribuer : toutes les entreprises qui ont les moyens doivent participer à la protection des Français contre l'inflation."

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Sur les élections en Italie

Interrogé sur les élections en Italie et l'arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, Bruno Le Maire affirme que nous " jugerons aux actes, notamment dans le domaine économique où je souhaite que l'action de Mario Draghi soit poursuivie, parce que je sais que c'est l'intérêt de l'Italie et de la zone euro toute entière."

Il ajoute "espérer que la fête ne sera pas finie pour l'Italie et que Giorgia Meloni aura à cœur de poursuivre la transformation économique indispensable pour l'Europe, je ne suis pas inquiet pour la zone euro au vu des mécanismes de protection. Je note que s'il y a une inquiétude à avoir en Europe, c'est autour de la Grande-Bretagne. Quand on sort de la protection européenne, et qu'on annonce 150 milliards de livres de dépenses supplémentaires, on a un taux d'intérêt qui bondit au-dessus de 4%".

Bruno Le Maire estime qu'il ne  faut pas faire de procès d'intention avant que les décisions n'aient été prises, à un dirigeant qui vient d'être choisi par un peuple souverain, par un peuple frère".

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
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Production
Léa Salamé
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