Camille Grand (à gauche) et Pierre Servent (à droite)
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Camille Grand (à gauche) et Pierre Servent (à droite) ©Maxppp - AFP
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Camille Grand, secrétaire général adjoint de l'Otan, et Pierre Servent, spécialiste des questions de défense, auteur de Cinquante nuances de guerre (Robert Laffont), sont les invités du Grand entretien de France Inter.

Avec
  • Pierre Servent Expert en stratégie militaire et spécialiste des questions de défense

La guerre fait rage depuis maintenant sept jours en Ukraine suite à l'invasion lancée par Vladimir Poutine chez son voisin. L'armée ukrainienne a de nouveau fait face ce mardi à des offensives majeures des forces russes sur Kiev, Kharkiv, le port de Marioupol et d'autres villes du pays. Camille Grand souligne tout d'abord que "la résistance ukrainienne est assez exceptionnelle" et ajoute, "on a beaucoup d'informations sur les difficultés logistiques rencontrées par les forces russes".

"On est dans un moment très sensible de cette guerre"

Selon l'analyse de Pierre Servent, "plus on avance dans ce conflit, plus je suis convaincu que le seul objectif stratégique de Poutine c'est le sud et l'est de l'Ukraine, c'est le fait de se tailler un continuum géographique" et "non pas Kiev". "Kiev est un leurre, depuis le début je ne comprends pas la manœuvre militaire de Poutine par rapport à Kiev, c'est très mou du genou, il n'y a pas vraiment de forces spéciales à l'intérieur" assure-t-il, tout en précisant que "ce n'est pas une information mais une interprétation".

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A ce propos, le secrétaire général adjoint de l'OTAN estime "ne pas savoir si Kiev est un leurre" mais "il est possible que l'un des objectifs était de faire chuter le régime donc de créer une situation dans laquelle justement le démembrement de l'Ukraine, au sud et à l'est, devienne possible et s’ajouterait à cela un régime pro-russe à Kiev sur le modèle de Monsieur Loukachenko". "Moi je suis très prudent car on a beaucoup dit que Vladimir Poutine n'attaquerait pas le Donbass, hélas on a plutôt une escalade dans la violence de ce conflit en Ukraine aujourd'hui. On est vraiment dans un moment très sensible de cette guerre."

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"La posture de l'OTAN est une posture strictement défensive"

Interrogé sur la possible présence de mercenaires du groupe russe Wagner, Camille Grand reconnaît que "l_'engagement de forces privées ou milice sur le terrain est évidemment préoccupant, nous n'avons pas d'informations précises sur l'ampleur de ces déploiements. C'est un nouvel élément d'escalade_."

Au sujet de la non-présence des soldats de l'OTAN en Ukraine, Camille Grand explique que "depuis le début de la crise, l'OTAN est dans une posture de grande prudence". "On a d'abord cherché à éviter la crise en offrant à la Russie un vrai dialogue sur les questions de sécurité et d’intérêt commun. Nous ne sommes en pas en guerre avec la Russie, nous souhaitons le retrait des troupes russes d'Ukraine, nous souhaitons la fin de cette crise et nous souhaitons un règlement pacifique de ces différents. La posture de l'OTAN est une posture strictement défensive (…) Vis-à-vis de l'Ukraine, nous sommes dans une posture de soutien politique, de solidarité, d'assistance pratique".

Il faut rester très ferme dans l'assistance aux Ukrainiens mais il ne faut pas s’engager dans une spirale militaire dans ce conflit"

Il ajoute : "L'OTAN a les moyens de défendre les territoires de l'alliance le propos n'est pas d'engager une guerre avec la Russie. Il faut rester très ferme dans la défense de notre territoire, dans l'assistance aux Ukrainiens mais ne pas s’engager dans une spirale militaire dans ce conflit".

L'une des images fortes de ce début de semaine, c'est bien sûr celle du très long convoi de militaire russe, s'étirant sur plus de 60 kilomètres et se rapprochant de Kiev. Questionné par un auditeur sur les raisons qui poussent l'armée ukrainienne a ne pas attaquer en chemin ce convoi, Pierre Servent donne son analyse. "Ils n'ont pratiquement plus d'avions de combat, les Russes ont détruit les avions et percés les pistes, il ne reste plus que quelques bases à l'ouest et ce n'est pas suffisant".

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