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Bruno Le Maire. ©Radio France
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Résumé

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, auteur de « Un éternel soleil » (Albin Michel), est l'invité du Grand entretien de France Inter.

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Bruno Le Maire (Ministre de l'Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique).

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Au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron concernant la crise sanitaire mais aussi l'économie du pays, Bruno Le Maire était l'invité du Grand entretien. Répondant aux critiques, il note qu'avoir "un président qui dit voilà comment nous allons garantir la protection sanitaire des Français face à un risque de retour du Covid, je pense que c’est sa responsabilité. Un président qui dit aux Français : ‘vous avez très bien réussi’." "Quand vous regardez notre situation économique après la crise, elle est meilleure qu’avant la crise : c’est sa responsabilité de donner confiance aux Français, de leur montrer à quel point cela marche en France, à quel point nous sommes capables de nous redresser", estime-t-il.

Invité à répondre aux critiques de l'opposition, le ministre s'étonne qu'on ne fasse plus "l'effort de reconnaître quand les Français ont réussi quelque chose. Pourquoi est-ce qu’on ne changerait pas d’attitude politique ?", interroge-t-il. "Un élément sur lequel nous devons travailler, c’est la balance commerciale extérieure. Est-ce que cela ne ferait pas progresser le pays de dire 'on est en train de gagner la bataille sur le chômage, on a gagné la bataille de la croissance, on a bien protégé notre économie mais il reste maintenant un sujet sur lequel nous allons tous faire un effort, c’est la balance commerciale extérieure' ?", souligne Bruno Le Maire. "Le débat politique y gagnerait beaucoup", estime-t-il.

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De nouvelles concertations sur l'âge de départ à la retraite

Mardi soir, Emmanuel Macron a annoncé que les conditions n'étaient toujours "pas réunies" pour relancer la réforme des retraites. Mais pour Bruno Le Maire, cela ne signifie pas que le système à points est enterré. "Ce qu’a annoncé le président de la République est sage et clair parce qu’il a toujours indiqué qu’on ne peut pas engager une réforme de cette importance sans que la pandémie soit totalement derrière nous", estime le ministre. "Il a posé les grands piliers de la réforme des retraites : allongement de la durée de cotisation avec un report de l’âge légal de départ à la retraite, des garanties sur une retraite minimale et la suppression des régimes spéciaux. Pour autant, faut-il abandonner sur le plus long terme cette ambition d’avoir une retraite par points qui est simple, lisible, transparente pour les Français ? Je ne crois pas, je pense que les deux sont parfaitement compatibles."

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Concernant l'âge de départ à la retraite, le ministre de l'Économie préfère ne pas se prononcer. Comme il l'indique dans son livre "Un éternel soleil" (Albin Michel), il reconnaît que le gouvernement a "échoué sur ce sujet et par conséquent, si nous voulons reprendre les choses bien et de manière solide, il faut ouvrir des concertations, écouter les uns et les autres et ensuite fixer un âge légal".

L'autre annonce d'Emmanuel Macron concerne la suspension des droits des demandeurs d’emploi qui ne sont pas en recherche active d’emploi. "Ce n’est pas du vent, c’est la loi. Quand vous regardez sur le site de Pôle emploi, vous voyez qu’il y a des engagements qui ont été déterminés par la loi, que si le demandeur d’emploi, au bout d’un certain nombre de propositions raisonnables, ne les accepte pas, on peut lui retirer ses droits au chômage", indique le ministre.

"Il faut un bon équilibre entre la responsabilisation et des obligations pour chacun."

Sur le plan sanitaire, Bruno Le Maire répète que "le pass sanitaire est la meilleure protection face au risque de retour de l’épidémie". "La réalité, c’est qu’il a protégé les Français, il nous a permis d’éviter le retour d’une vague épidémique forte comme celle que l’on voit dans certains pays européens, donc c’est efficace", note-t-il. 

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que les plus de 65 ans et les personnes vulnérables devront justifier d’une dose de rappel de vaccin à partir du 15 décembre pour prolonger leur pass sanitaire. "Il faut un bon équilibre entre la responsabilisation et des obligations pour chacun parce que nous sommes une société et non une somme d’individus, avec par conséquent des devoirs collectifs qui nous permettent à chacun de vivre collectivement de la meilleure manière possible", insiste Bruno Le Maire.

Les dérives du numérique

Dans son livre, le ministre se montre d'ailleurs inquiet de la montée de l’individualisme. "Je suis très dur contre les réseaux sociaux et surtout contre les géants du numérique", explique-t-il. "J’essaye dans ce livre de poser les quelques grands débats, défis qui sont devant nous. Que Google, Amazon, Facebook, avec leur niveau de capitalisation et leur puissance considérables sur nos comportements, nos actes d’achat, nos voyages, nos déplacements, notre monnaie, ne prennent pas la place des Etats démocratiquement élus." Il critique aussi le narcissisme et veut défendre la culture pour "se substituer au vide numérique".

Références

L'équipe

Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Alexandre Gilardi
Collaboration
Juliette Hackius
Collaboration
Stéphanie Boutonnat
Collaboration