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François Molins dans son bureau de Procureur général près la Cour de Cassation, Paris le 10/12/19 ©Radio France - Thibaut Cavaillès
François Molins dans son bureau de Procureur général près la Cour de Cassation, Paris le 10/12/19 ©Radio France - Thibaut Cavaillès
François Molins dans son bureau de Procureur général près la Cour de Cassation, Paris le 10/12/19 ©Radio France - Thibaut Cavaillès
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Résumé

François Molins, procureur général près la Cour de Cassation, revient sur l'importance des procès des attentats, alors que celui de Nice s'ouvre ce lundi. Il évoque également les conclusions des Etats généraux de la justice et la réforme de la police judiciaire.

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François Molins (procureur général près la Cour de Cassation).

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À l'occasion de la rentrée de la justice, France Inter reçoit François Molins, procureur général près la Cour de cassation, le plus haut poste de magistrat du parquet en France. Il revient notamment sur l'importance des procès du 13-Novembre ou de l'attentat du 14 juillet 2016 Nice (qui s'ouvre lundi), pour les victimes mais aussi la "mémoire collective". François Molins revient également sur les Etats généraux de la justice, lui qui est à l'origine de la demande, et la réforme de la police judiciaire ne va "pas dans la bonne direction".

Des procès qui participent au "travail de mémoire collective"

François Molins était procureur de la République de Paris au moment des attentats du 13 novembre 2015. Après le procès qui a duré 10 mois, le plus long de l’histoire judiciaire française, s'ouvre lundi celui de l'attentat de Nice. Le 14 juillet 2016, une voiture bélier fonçait dans la foule, faisant 86 morts et plus de 300 blessés. Pourquoi ces procès sont-ils si importants ? "Il y a plusieurs dimensions qu'on retrouve aussi bien sur vendredi 13, sur Nice ou sur Charlie Hebdo. D'abord la dimension classique, celle du procès qui sert d'abord à déterminer la culpabilité, ou non, des accusés, et nommer les choses", avance François Molins. Il poursuit : "Il y a une deuxième dimension, c'est que le procès permet à travers la présence des victimes et leurs témoignages, qu'elles comprennent le pourquoi du comment de ce qu'il s'est passé, pouvant faciliter leur travail de reconstruction."

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Pour le procureur général près la Cour de Cassation, ces procès participent également "au travail de mémoire collective autour des tueries de masse dont on a été victimes. Et ces procès doivent aussi rappeler ce qui fait notre dignité et notre humanité". En revanche, il a jugé "grave" et "outrageante", la tribune d'avocats estimant que le verdict rendu dans le procès du 13-Novembre est "politique". "C'est la négation de tout ce qui s'est passé pendant 10 mois", souligne-t-il

Polémique "KohLantess" : "Le vrai problème, c'est l'état des prisons"

Juste avant l'été, François Molins assurait que la menace terroriste était toujours forte. Pour lui, la tentative d'assassinat de l'écrivain Salman Rushdie le 12 août dernier "renvoie effectivement à un danger qui est toujours présent. J'avoue que c'est terrifiant de voir qu'une fatwa prise il y a plus de 30 ans est mise à exécution 30 ans après constituant une atteinte majeure à la liberté d'expression". "Ça démontre une fois de plus que le fanatisme et le fondamentalisme islamique ont la vie dure et que les choses sont loin d'être terminées."

Autre actualité de la rentrée pour la justice : la situation dans les prisons, mise à nouveau en lumière par la polémique "KohLantess" à la prison de Fresnes, qui met "mal à l'aise" le procureur général près la Cour de Cassation. "Le vrai problème n'est pas de savoir que deux personnes ont conduit des karts. Le vrai problème, c'est l'état des prisons, c'est la surpopulation carcérale", déclare-t-il.

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"Une forte attente" après les Etats généraux de la justice

Les Etats généraux de la justice ont été organisés à la demande de François Molins et de la première présidente de la Cour de cassation. Des spécialistes ont été réunis pour remettre à plat le fonctionnement de la justice, un rapport a été remis en juillet dernier à Emmanuel Macron, évoquant "l'état de délabrement avancé", de l'institution "au bord de la rupture". "J'espère que ce rapport ne finira pas dans un tiroir", assure François Molins, qui pense qu'il y a "une très forte attente à l'égard des conclusions de ces Etats généraux". "La justice est en crise, au bord de la rupture, et le système, en réalité, ne tient je pense que grâce à l'engagement et au dévouement quotidien des magistrats, fonctionnaires et autres assistants de justice."

Pour lui, la réforme de la police judiciaire ne va "pas dans la bonne direction" et porte "un certain nombre de dangers", à commencer par celui "de détruire quelque chose qui fonctionne".