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L'Assemblée nationale lors de la session parlementaire du 29 juin 2022. ©AFP - Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
L'Assemblée nationale lors de la session parlementaire du 29 juin 2022. ©AFP - Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
L'Assemblée nationale lors de la session parlementaire du 29 juin 2022. ©AFP - Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Résumé

Thomas Legrand , éditorialiste politique de France Inter, Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, et Chloé Morin politologue, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, auteure de On a les Politiques qu’on mérite (Fayard), sont les invités du Grand entretien de France Inter.

avec :

Thomas Legrand (Éditorialiste politique à France Inter), Françoise Fressoz (Editorialiste politique au Monde).

En savoir plus

Il faut être optimiste face au nouveau tableau politique de la France, avec un parlement sans majorité absolue, des oppositions qui tentent de se reconstruire et un pouvoir à l'Elysée qui doit se partager un peu plus avec l'Assemblée nationale*.*

Françoise Fressoz (Le Monde) : "Chacun est mis devant ses responsabilités"

"Je pense qu'on est rentré dans une nouvelle configuration politique très intéressante. D'abord, qui est permise par une Constitution qui est extrêmement souple depuis sa fabrication, parce qu'il y a un mélange de tentation présidentielle et de régime parlementaire. Et puis, on a aussi une population qui est en attente très forte du politique. Et je pense que du coup, tous les acteurs obligés plus ou moins de jouer le jeu. Il y a des facteurs de responsabilisation de tous les côtés. La majorité a perdu la majorité absolue, donc elle est obligée de composer. La gauche ne tient que parce qu'elle est unie, donc elle est obligée aussi de composer à l'intérieur d'elle même parce que sinon, elle explose. Le Front national, qui fait une grande rentrée au Parlement et en quête de notabilisation. Et les Français sont en attente d'actes très forts sur des sujets qui les concernent."

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"Je pense qu'on est encore dans la recomposition politique qui n'est pas achevée, qu'on était dans un système qui allait vers deux grands blocs et là, on en a trois. Donc rien n'est stabilisé. Et on est aussi dans un tableau de fond où l'abstention est très importante, où il faut essayer de remettre les Français dans le goût de la politique. Et puis le Parlement a quand même vécu aussi des crises. Il y a eu quand même le 'tous pourris' ces dernières années. Ce qui fait que chacun est mis devant ses responsabilités."

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Chloé Morin (Fondation Jean-Jaurès) : "Nous avions poussé le présidentialisme jusqu'à la caricature"

"Nous avons été nombreux à déplorer que le Parlement était devenu un lieu vide de tout pouvoir où il ne se passait rien, à déplorer aussi le fait qu'il n'y avait plus de débat, y compris au sein du gouvernement, lorsqu'il s'agissait de définir une ligne politique. Et au fond, nous avions poussé le présidentialisme jusqu'à la caricature. Et donc, en quelque sorte, ce que nous n'avons pas eu pendant la présidentielle sur le partage du pouvoir et comment prendre des décisions au 21ème siècle face aux défis immenses qui sont face à nous de manière à rendre des décisions acceptables par une majorité de la population, cette question nous ne nous l'étions pas posée. A partir du moment où les Français imposent une majorité relative et finalement un Parlement qui ressemble beaucoup à ce qu'il aurait été en cas de proportionnelle, ça oblige à changer de pratique politique ou de culture politique."

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Thomas Legrand (France Inter) : "La 5e République finalement peut être une république parlementaire"

"J'ai un peu l'impression que c'est une époque révolue et je suis assez optimiste aussi parce que les Français ont donné un message. Le corps électoral français a comme une sorte d'intelligence collective qui a donné un message, qui a voulu définir ce que les constitutionnalistes au début de la Cinquième République disaient : qu'elle était semi parlementaire ou alors un parlementarisme rationalisé. C'était des mots assez euphémisants pour dire que le Parlement était écrasé. Mais là, aujourd'hui, l'exécutif est obligé de s'appuyer sur le Parlement et il faut que la culture politique change."

"Que nous, les commentateurs comme eux, les politiques, s'habituent à cette idée que finalement, dans une démocratie, ce qui est sain et sérieux, c'est que aucun parti politique ne puisse avoir la majorité à lui tout seul. Et ce n'est pas grave, ce n'est pas facteur d'instabilité. On est traumatisé par la Quatrième République, mais la Cinquième République est souple et plastique et finalement, elle peut être une république parlementaire. Il faut savoir composer. Il faut savoir négocier et je ne sais pas si on est encore dans la décomposition ou si on est déjà dans la recomposition. Mais la recomposition, elle, se fera avec des partis qui vont apprendre, comme cela se fait au Parlement européen en ce moment, à négocier et à construire des solutions fortes parce que les Français ne sont pas contents de la façon dont on fait de la politique. Les solutions fortes ça doit être des solutions négociées parce que si elles sont négociées, elles sont acceptables et elles sont appliquées."

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Références

L'équipe

Léa Salamé
Léa Salamé
Léa Salamé
Production
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Nicolas Demorand
Production
Alexandre Gilardi
Collaboration
Juliette Hackius
Réalisation