Première journée du sommet européen à Versailles
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Première journée du sommet européen à Versailles ©AFP - Albert Cara / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Première journée du sommet européen à Versailles ©AFP - Albert Cara / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Première journée du sommet européen à Versailles ©AFP - Albert Cara / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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Roger Cohen, journaliste, directeur du bureau parisien du "New York Times" et Hans Stark, conseiller pour les relations franco-allemandes à l'FRI et professeur à l’Université Paris-Sorbonne et Jean-Yves Potel, historien, spécialiste de la Pologne, sont les invités de la matinale de France Inter.

La guerre en Ukraine entre dans sa troisième semaine. Les 27 pays membres de l'Union européenne sont réunis depuis hier et aujourd'hui encore en sommet informel à Versailles pour adopter une position commune sur la question des importations de gaz et de pétrole et sur la défense européenne. Deux sujets qui ont peut être plus progressé en deux semaines qu'en plusieurs décennies. Pour le Washington Post, c'est un "nouveau rideau de fer "qui s'abat sur l'Europe. "On est dans un monde transformé et inquiétant depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Je ne sais pas si c'est un rideau de fer, on va voir, mais c'est certainement une division très dure encore une fois de l'Europe", analyse Roger Cohen.

"Je pense que le président Poutine, après six semaines, se trouve dans un état frustré. Il pensait que ce serait une opération rapide et facile, que les Russes, au moins dans l'est de l'Ukraine, seraient accueillis. C'est tout le contraire. On voit une transformation en Allemagne d'un pays pacifique, à un pays qui ne l'est plus. On voit l'Europe galvanisée, on voit l'Amérique de nouveau engagée en Europe. On voit une terrible souffrance en Ukraine. Et on se demande en Europe comment c'est possible. Comment il a pu faire ça ? Mais il l'a fait".

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Peut-être une "guerre chaude"

Hans Stark poursuit : "s_urtout le 24 février 2022._ C'est une césure de la même ampleur que celle 1914, celle du 1er septembre au 39 avec l'attaque allemande contre la Pologne ou celle du 9 novembre 89 avec chute du mur de Berlin. Evidemment aussi, le 11 septembre 2001. Cela fait partie des quelques très, très grandes césures qui marquent le début du vingtième siècle jusqu'au début du 21ème siècle. Aussi, ce qu'on appelait 'l'après guerre froide', a pris fin. L'après guerre froide a duré de fin 89 jusqu'au 24 février 2022. 

Nous sommes dans autre chose. C'est une guerre froide. Peut être guerre chaude. On en sait rien.

"En tout cas ça ne se limitera sans doute pas non plus à la Russie parce qu'il y a aujourd'hui une alliance qui se forme entre Russie et Chine. Donc, ça veut dire que l'Europe est coupée du reste de l'Eurasie. Donc cela va beaucoup plus loin et on ne sait pas encore, évidemment, comment ça va évoluer.

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"Le rideau de fer n'est pas encore tombé"

_J_ean-Yves Potel : "le rideau de fer n'est pas encore tombé. Ce n'est pas ça qui s'est passé. Ce qui se passe, c'est qu'il peut y avoir un rideau de fer plus tard mais pour l'instant, c'est la guerre. Et la guerre, ça veut dire au contraire que les avions, les réfugiés, les populations, tout cela est grandement ouvert. Vous avez la guerre qui a lieu sur le territoire ukrainien, mais qui, sur le territoire polonais, se traduit par le fait que vous avez aujourd'hui 1,5 million de réfugiés." 

Il y a une magnifique et énorme mobilisation en Pologne autour de l'accueil de ces réfugiés.

"Mais il y a une sensation de grande peur aujourd'hui en Pologne. D'une part, que la guerre atteigne la Pologne. La Pologne est devenue de fait aujourd'hui -et ils en sont d'accord- le hub, le lieu où arrivent les avions avec les armes pour les Ukrainiens et l'aide aux réfugiés. Et ils ont maintenant possibilité d'avoir des ogives nucléaires à quelques kilomètres puisque la Biélorussie est une frontière commune. Donc i_ls sont dans une situation qui provoque un mélange de fierté et de peur._"

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