Conflit Arménie - Azerbaïdjan : "Le peuple arménien est en danger de mort"

Les ruines d'une maison à Sotk, en Arménie, après des affrontements avec l'Azerbaidjan le 14 septembre 2022
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Les ruines d'une maison à Sotk, en Arménie, après des affrontements avec l'Azerbaidjan le 14 septembre 2022 ©AFP - Karen MINASYAN
Les ruines d'une maison à Sotk, en Arménie, après des affrontements avec l'Azerbaidjan le 14 septembre 2022 ©AFP - Karen MINASYAN
Les ruines d'une maison à Sotk, en Arménie, après des affrontements avec l'Azerbaidjan le 14 septembre 2022 ©AFP - Karen MINASYAN
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Valérie Toranian, journaliste, directrice de la Revue des Deux Mondes ; Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie, chercheuse à l’IFRI ; Franck Papazian, co-Président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, Régis Genté, correspondant RFI à Tbilissi sont nos invités.

"Le peuple arménien est en danger de mort, c'est clair et net", s'inquiète Franck Papazian, co-Président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France. En septembre, la guerre avec l'Azerbaïdjan a repris pour la troisième fois depuis 1988. Les affrontements du mois dernier ont fait 286 morts.

"On attend des gestes forts et concrets"

Suite à la guerre de 2020, remportée par l'Azerbaïdjan, le pays n'a officiellement pas "récupéré" Le Haut-Karabagh (habité par des Arméniens) mais seulement les 7 districts autour, indique Régis Genté, correspondant RFI en Géorgie . "La question finale, c'est le statut de ce Haut-Karabagh. Est-ce une province indépendante, est ce qu'elle doivent avoir un statut particulier à l'intérieur de l'Azerbaïdjan ou pas ? Ce n'est pas réglé dans l'accord de 2020", poursuit-il. D'après lui, le dictateur azerbaïdjanais, en attaquant, "veut de reposer la question des frontières internationales".

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"La Turquie et l'Azerbaïdjan ont un plan pour anéantir l'Arménie, c'est le plan panturc de 1915", alerte Franck Papazian, notamment au regard de l'implication de la Turquie dans la dernière guerre de 2020. Il indique qu*'"aujourd'hui il y a 100.000 Arméniens dans le Haut-Karabagh. L'Azerbaïdjan occupe plus de 100 kilomètre carré de son territoire".* Il en appelle donc à Emmanuel Macron*. "On attend des gestes forts et concrets : l'envoi de casques bleus, des sanctions contre l'Azerbaïdjan. Il faut se faire respecter. On ne peut pas laisser cette petite Arménie aux mains des dictateurs. (...) Demain il sera trop tard et on ne peut pas dire qu'on ne savait pas",* lance-t-il.

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Pour Valérie Toranian, journaliste, directrice de "La Revue des Deux Mondes", la Turquie joue un double jeu. "Erdogan partage avec Poutine cette haine de l'Occident, et l'Arménie représente aussi ça. Il dit l'Azerbaïdjan et la Turquie c'est deux Etats, une seule et même nation. Et Poutine va laisser faire au Caucase, car il a d'autres dossiers à traiter. Ils sont en Arménie, ils terrorisent les populations avec des hauts parleurs en disant "si vous ne partez pas, de toute façon vous disparaitrez'"

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie, chercheuse à l’IFRI, pense plutôt que la Turquie d'Erdogan "est embarrassée par ce conflit". D'après elle, le président turc "veut se donner un rôle de faiseur de paix dans le conflit en Ukraine, c'est aussi le rôle qu'il veut jouer dans la crise arménienne". "Tout le monde veut que ça s'arrête, c'est la chance de l'Arménie", estime-t-elle. L'enjeu du conflit c'est plutôt de savoir "si Vladimir Poutine va réussir à fédérer une sorte de camp anti-occidental sur la haine de l'Occident réelle ou supposée. Avec la recomposition géopolitique vers l'Est et le Caucase qui devient une zone importante pour les Turcs, en termes économiques, avec l'histoire des couloirs de circulation".

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