Najat Vallaud-Belkacem dans le studio de France Inter
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Najat Vallaud-Belkacem dans le studio de France Inter ©Radio France
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Résumé

Najat Vallaud-Belkacem, candidate PS aux élections régionales Auvergne-Rhône-Alpes, est l'invitée du Grand entretien de France Inter.

avec :

Najat Vallaud-Belkacem (Ancienne ministre de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, directrice France de l'ONG ONE).

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Deux jours après l'annonce par Marlène Schiappa d'états généraux de la laïcité, Najat Vallaud-Balkacem est plus que sceptique. "J’avoue que j’ai beaucoup d’interrogations sur cette démarche, à un an de l’élection présidentielle et alors que la loi séparatisme est encore dans les tuyaux. La laïcité, sur laquelle j’ai beaucoup travaillé lorsque j’étais ministre de l’Éducation, si l’on veut la résumer c’est un pilier de notre République, le ciment de notre concorde, de notre paix civile, et je pense qu’il faut éviter d’en faire un champ de bataille. Or ce que je constate dans ce gouvernement, c’est des velléités permanentes d’en faire un champ de bataille."

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"Au fond, on a tous les textes dont on a besoin : on a la loi de 1905, qui nous dit ce qu’est la laïcité. Ce dont on a besoin, c’est de faire la pédagogie de cette laïcité, notamment auprès des plus jeunes."

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"Lorsque j’étais ministre, il m’est souvent arrivée d’aller dans des établissements scolaires et d’avoir cette discussion, avec des jeunes et même des très jeunes", explique-t-elle. "Je me suis rendu compte qu’à force de voir la laïcité dévoyée par des instrumentalisations permanentes à chaque fois qu’ils allumaient leur poste de télévision, beaucoup finissaient par la considérer comme une ennemie de ce qu’ils étaient, de ce que leur famille était. Instrumentalisation par l’extrême-droite, puis par la droite, puis malheureusement par ce gouvernement. Cela donne l’impression que la laïcité n’est convoquée régulièrement que pour en exclure une religion, l’islam."

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"À ces jeunes, je passais énormément de temps à expliquer ce qu’est la laïcité, entendue au sens de la loi de 1905, c’est-à-dire l’égal respect pour les individus quelles que soient leurs convictions religieuses ou leur absence, et le fait que la puissance publique devait traiter ces individus de la même manière, sans discrimination ou distinction. Lorsque j’expliquais cela à ces jeunes, je vous assure que leur regard sur la laïcité changeait considérablement, et ils commençaient à comprendre que c’était précieux."

"Moi je veux qu’on chérisse la laïcité dans ce pays, mais pour ça il faut cesser de l’instrumentaliser."

Quant aux accusations faites à la gauche d'avoir abandonné ce sujet, Najat Vallaud-Belkacem répond : "Le Parti socialiste n’a pas de preuve à donner de son attachement aux valeurs de la République et à la laïcité en particulier, il les a défendues dans toute son Histoire. J’ai été la dernière ministre de l’Éducation socialiste, je peux témoigner de ce que nous avons fait : le fait d’avoir créé un enseignement moral et civique pour évoquer notamment cette question, le fait d’avoir créé une journée dédiée à la laïcité le 9 décembre, d’avoir organisé des formations pour les enseignants pour qu’ils sachent évoquer ce sujet avec leurs élèves, tout ça vient de nous. On peut passer son temps à distribuer des bons ou des mauvais points, ou on peut regarder tout simplement ce que les uns et les autres font."

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Sur la lutte renforcée contre le trafic de drogue, annoncée par Emmanuel Macron, l'ancienne ministre assure que "comme tout parent, je n'aimerais pas voir mon enfant fumer du haschich à l’âge de 15 ans, c’est une évidence. C’est pour ça que je suis extrêmement prudente sur ce sujet, j’attends de voir des évaluations scientifiques abouties, je suis pour qu’on veille avant tout à la santé physique et mentale de la jeunesse."

"On le sent tous, il y a une montée de tension dans notre société, qu’on peut expliquer par plein de choses y compris la période de crise sanitaire que l’on vit", ajoute-t-elle. "Dans la région qui est la mienne [Auvergne-Rhône-Alpes], il y a des incidents, des émeutes urbaines… Cette insécurité réelle, et cette perception d’insécurité d’un nombre croissant de nos concitoyens, les pouvoirs publics doivent y répondre. Le président de la République a confirmé l’engagement pris en 2017 de créer 10.000 postes de policiers, c’est très bien, on en avait créé 9.500 au mandat précédent… Au fond, le mandat où l’on a créé le moins de postes de policiers, c’est celui de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, qui en avait supprimé 13.000."

"Quand je parle de protéger les habitants de ma région, il s’agit aussi de les protéger contre l’insécurité", promet la candidate aux régionales. "C’est un sujet de gauche aussi, peut-être même d’abord et avant tout de gauche. C’est la droite qui a supprimé le plus de postes de policiers. Pour la présidentielle, comme pour les élections intermédiaires, nous devons apporter des réponses. Mais il ne suffit pas simplement de créer des postes, il s’agit aussi par exemple de fournir des équipements, de déployer des moyens humains dans les transports, et ça se fait à l’échelle des régions."

Pourquoi est-ce si compliqué de se réunir à gauche, que ce soit pour les régionales ou la future présidentielle ? "On est dans une période où la gauche ne se reconnaît plus de leader incontesté. On peut le comprendre, d’ailleurs ça n’a jamais été dans son ADN. C’est dommage parce que je pense que les idées et valeurs de gauche sont attendues à l’issue de cette crise. Je ne doute pas que d’ici la présidentielle on trouvera, je l’espère les moyens d’avoir un candidat commun à la plus grande partie de la gauche. Mon souhait, c’est qu’on organise une primaire dans laquelle les différents candidats déclarés pourront être mis en compétition pour en choisir un."

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Carine Bécard
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Ali Baddou
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