Quel a été l'impact de la pandémie sur les relations amicales ?
Quel a été l'impact de la pandémie sur les relations amicales ? ©Getty - Klaus Vedfelt
Quel a été l'impact de la pandémie sur les relations amicales ? ©Getty - Klaus Vedfelt
Quel a été l'impact de la pandémie sur les relations amicales ? ©Getty - Klaus Vedfelt
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Retour sur l'une des grandes crises qui nous a affectés collectivement : le covid et sa conséquence, les confinements. Qu'ont-ils ont changé dans nos relations sociales ? Que reste-t-il de ces mois très particuliers : les liens se sont-ils renforcés ou distendus ? Avez-vous retrouvé une vie normale?

Pour en parler au micro de Bruno Duvic :

  • Valérie Albouy, directrice du département des ressources et des conditions de vie des ménages à l'Insee. 
  • Michel Grosset, sociologue, directeur de recherche au CNRS, directeur d'études à l'EHESS. Il fait partie du projet Vico qui suit, via un très large questionnaire, les effets sociaux de ces périodes de confinement

Retrouvez ci-dessous des extraits de l'émission

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Valérie Albouy : "Je retiens deux choses : à quel point ça a été dur pour certaines personnes, parce qu'on a quand même une personne sur dix qui déclare avoir éprouvé de manière récurrente ou permanente un sentiment d'abandon ou s'être senti perdu.e, ce que je trouve être des termes assez forts. 

Et puis, la deuxième chose que je retiens, c'est l'importance des liens familiaux, parce que les gens se sont débrouillés dans un contexte où ils avaient des difficultés pour se voir, mais ils ont basculé sur d'autres modes de communication et ils ont maintenu les liens familiaux par ces moyens. On a quand même 34 % de la population qui a maintenu des liens quotidiens avec sa famille". 

Michel Grosset ajoute : 

"Les gens se sont beaucoup repliés sur leurs liens forts, la famille proche, les amis intimes et par contre, ont fait un peu le tri des autres relations". 

Un sentiment d'isolement ressenti de façon inégale dans la population

Valérie Albouy explique que des enquêtes de l'INSEE ont montré qu'"il y avait 30% des personnes qui, quand on leur demandait de noter la pénibilité des confinements entre 0 et 10, donnaient une note en dessous de trois, ce [qu'elle] interprète comme non, franchement, c'était petit bras".

Michel Grosset précise : "Les personnes qui ont le plus souffert, peut-être pendant le premier confinement qui était très radical, ce sont les personnes qui résidaient seules et dont la sociabilité s'effectuait en dehors de leur domicile. Donc, en particulier, des personnes très âgées, des femmes un peu âgées ont pu se retrouver vraiment dans une situation de solitude".

Et aussi : "Ce sont les jeunes qui ont le plus perdu de relations, qui ont eu des difficultés à maintenir des liens amicaux pendant la période du confinement. Ce sont des âges où on a beaucoup de relations dans des activités de sociabilité qui sont à l'extérieur du domicile et donc là, le confinement était particulièrement difficile". 

Une solidarité s'est exprimée pendant ces deux années

"Il y a trois personnes sur dix qui disent avoir eu besoin d'aide - soutien moral ou aide matérielle ou financière" note Valérie Albouy. Les trois-quarts d'entre eux l'ont demandée à leurs proches - et quasiment tous l'ont obtenue.  

Après les confinements, 92% des ménages, du coup, pensent pouvoir compter sur quelqu'un. 

Vaccins, masques… Des fâcheries plus fréquentes ? 

Michel Grosset : "Pendant la troisième vague, on a posé des questions sur les conflits autour de la question des vaccins. Et là, effectivement, des personnes ont pu se retrouver en conflit - y compris avec leur propre famille. Ça a dégradé certaines relations sociales. Il y a même des couples qui se sont séparés - heureusement, pas en très grand nombre, mais on en a quand même dans nos enquêtes"

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