Adrien Taquet : "On doit aux enfants placés qu'ils soient des enfants comme les autres"

Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance et de la Famille Adrien Taquet à Paris le 29 septembre 2021.
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Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance et de la Famille Adrien Taquet à Paris le 29 septembre 2021. ©AFP - XOSE BOUZAS / HANS LUCAS
Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance et de la Famille Adrien Taquet à Paris le 29 septembre 2021. ©AFP - XOSE BOUZAS / HANS LUCAS
Le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance et de la Famille Adrien Taquet à Paris le 29 septembre 2021. ©AFP - XOSE BOUZAS / HANS LUCAS
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Le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et de la Famille est l'invité de Jérôme Cadet et Carine Bécard à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant et de la remise d'un rapport sur la prise en charge des enfants placés.

Avec
  • Adrien Taquet Secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé

Six mois après avoir demandé à Gautier Arnaud-Melchiorre, étudiant de 26 ans et ancien enfant placé, d'enquêter sur la prise en charge de ces enfants, Adrien Taquet a reçu un rapport suggérant des pistes d'améliorations ce samedi. "Je compte apprendre des choses que nous, adultes, experts, politiques, qui ne sommes pas à hauteur d’enfants, ne pouvons pas percevoir", indique le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et de la Famille.

"Il y a des petites choses qui peuvent paraître très anodines mais qui sont en réalité fondamentales pour ces enfants."

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Plus d'un millier d'enfants ont été interrogés. Il ressort de ces entretiens "trois éléments essentiels" selon Adrien Taquet : "Il y a des petites choses qui peuvent paraître très anodines mais qui sont en réalité fondamentales pour ces enfants. On sait qu’il y a des problèmes de liens d’attachement, de considération, de confiance en soi et qu’il y a plein de petites choses du quotidien qui ont en réalité une grande importance. Ils ont besoin que l’on prenne soin d’eux à travers la lecture d’une histoire le soir, un câlin ou encore le fait de permettre à un enfant d’aller davantage chez le coiffeur", note le secrétaire d'État.

"Je suis persuadé que ce que ces enfants souhaitent, c’est d’être des enfants comme les autres. On le leur doit. Cela paraît très simple mais c’est à la fois très compliqué", souligne-t-il.

Un projet de loi de protection de l'enfance a déjà été examiné à l'Assemblée nationale et le sera au Sénat à partir du 15 décembre. "Il n’est pas impossible que nous intégrions à ce projet de loi un certain nombre de choses qui sont dans ce rapport", précise Adrien Taquet. Mais au-delà de loi, il faut "un changement de regard et un changement de posture", notamment à l’école.

Une vigilance au quotidien sur les violences et le harcèlement

Le secrétaire d'État a également été interrogé sur les différentes campagne de sensibilisation aux violences faites aux enfants. Durant ces campagnes, les appels au 119 augmentent. Un constat positif mais pour Adrien Taquet, il faudrait que cette vigilance accrue existe en permanence. "Il faut que le 119 soit connu, redire que c’est anonyme, gratuit et que dès qu’il y a un doute sur une violence psychologique, physique, sexuelle, il faut appeler", rappelle-t-il. "Il ne faut pas se dire qu’on fait de la délation puisque derrière, il y a des professionnels qui vont être en mesure d’évaluer la situation et de prendre la décision."

Interrogé enfin sur la question du harcèlement scolaire, le secrétaire d'État est ferme : "Non", ce n’est pas à l’élève victime de changer d’établissement. Il refuse qu'il y ait "une double peine" pour les enfants harcelés. Par ailleurs, "il faut arrêter d’être témoin passif", souligne-t-il, en pointant du doigt "les effets de groupe". Aussi, si "la prise de conscience est collective au sein de la communauté éducative, c’est-à-dire les enseignants mais aussi les parents", chacun a "un rôle à jouer et doit se mobiliser pour accompagner les enfants".

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