Le sociologue, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert
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Le sociologue, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert ©AFP - ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS
Le sociologue, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert ©AFP - ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS
Le sociologue, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert ©AFP - ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS
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Il y a 15 ans jour pour jour, l'abbé Pierre mourrait à 94 ans. Eric Delvaux et Carine Bécard reçoivent ce matin Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

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Selon les derniers chiffres de l'INSEE, la crise sanitaire n'a pas engendré de pic de pauvreté en France. Le taux de pauvreté est resté le même entre 2019 et 2020. "Le taux de pauvreté est un indicateur monétaire", explique Christophe Robert. "Premièrement, constat positif, ce taux n'a pas explosé. C'est déjà une bonne nouvelle. Les mesures de protection pendant la crise ont permis d'éviter cette situation", salue le délégué général de la Fondation Abbé Pierre. 

En revanche, ce taux de pauvreté reste "très élevé, plus de 9 millions de personnes et parmi les personnes sous le seuil de pauvreté, les plus pauvres s'enfoncent", déplore Christophe Robert. "Ils deviennent plus pauvre".

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"Les situations de pauvreté se sont déjà accentuées"

Ils alertent également sur le fait que même si certaines personnes sont au-dessus de ce seuil de pauvreté, elles peuvent être en situation de précarité. "Quand on est au-dessus mais que l'on dépense 60 % de son budget pour se loger par exemple, parce que les prix ont flambé, parce que les charges augmentent considérablement, vous pouvez vous retrouver en situation de pauvreté. Il y a un autre indicateur de l'INSEE qui dit qu'il y a 20% de ménages qui sont en situation de pauvreté si on regarde la réalité de leurs dépenses." Christophe Robert l'assure, "les situations de pauvreté se sont déjà accentuées. Il y a 12 millions de personnes en situation de précarité énergétique dans ce pays".

Partant de ce constat, Christophe Robert, de la fondation Abbé Pierre, souhaite "que l'on ait un regard plus fin sur la réalité de ce que vivent les gens et plus globalement, que nos responsables politiques regarde la France telle qu'elle est. Un indicateur macro-économique, c'est intéressant à suivre dans le temps mais cela n'indique pas ce que vivent les gens."

Hausse de l'APL, ouverture du RSA aux jeunes 

Il attend ainsi "des mesures structurelles". "Par exemple, le premier poste de dépenses des ménages c'est le logement. Il faut bien comprendre qu'en 30 ans, cela a augmenté considérablement. Il faut encadrer le prix des loyers, produire plus de logements sociaux parce que les loyers sont en dessous des prix du marché, il faut que l'APL soit plus importante pour les aider à se loger dans de bonnes conditions." 

Autre demande de Christophe Robert, que l'on augmente "le minima social qu'est le RSA". Selon le sociologue, "cela permettrait à des personnes, non pas de survivre, mais de vivre un peu plus dignement". "L'ouvrir aux jeunes de 18 à 25 ans, alors qu'aujourd'hui ils ne peuvent pas bénéficier de RSA, permettrait à des jeunes de sortir de la pauvreté." Concernant le montant, "i_l faut qu'il soit à la moitié du revenu médian, c'est-à-dire autour de 900 euros. C'est à ces conditions-là que l'on pourra faire sortir beaucoup de monde de la grande pauvreté."_

Enfin, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre confie sentir "une inquiétude", chez beaucoup de Français, au sujet de la pauvreté. "On ne sait pas trop de quoi demain sera fait, il y a une vraie fragilité."

L'équipe

Eric Delvaux
Eric Delvaux
Éric Delvaux
Production
Carine Bécard
Carine Bécard
Carine Bécard
Production
Eric Delvaux
Eric Delvaux
Éric Delvaux
Journaliste
Carine Bécard
Carine Bécard
Carine Bécard
Journaliste
Mathilde Khlat
Collaboration