vidéo
L'ancienne ministre du Travail, désormais représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, Muriel Pénicaud auteure de "Pousser les murs", (l'Observatoire). ©AFP - Ludovic Marin
Publicité
Résumé

L'ancienne ministre du Travail, désormais représentante permanente de la France auprès de l’OCDE, est l'invité de Pierre Weill pour son livre "Pousser les murs", paru aux éditions de l'Observatoire, dans lequel elle raconte ses trois années au sein des gouvernements d'Édouard Philippe.

avec :

Muriel Pénicaud (Ministre du Travail, ex-membre du comité exécutif de Danone, ancienne directrice générale des Ressources humaines et présidente du conseil d'administration du Fonds Danone Ecosystème).

En savoir plus

Dans ce livre, elle n'évoque "pas seulement [son] combat, mais le combat de toutes les femmes, et je dirais de tous les hommes modernes". "C'est un combat pour la justice sociale de briser le plafond de verre, que les femmes aient les mêmes possibilités de carrière, de salaire, d'épanouissement. Mais c'est aussi mieux pour tout le monde : les entreprises les plus performantes sont celles qui ont des équipes mixtes."

"La génération de femmes qui ont souvent été les premières"

"Je me suis battu pour ça surtout chez Danone [où elle fut DRH, NDRL]. On a mis en place un grand programme pour développer le leadership et la confiance en soi des femmes, pour oser être tout ce qu'on est et réussir telles qu'on est. Et comme ministre, j'ai pu faire quelque chose qui me tenait à cœur : dans la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018, j'ai créé l'obligation de résultat en termes d'égalité de salaires et de carrières, et un index qui permet de progresser. D'ailleurs Radio France fait des progrès sur ce sujet !"

Publicité

Elle explique qu'elle est de "la génération des femmes qui ont souvent été les premières : première femme au comité exécutif, parmi les premières dans les conseils d'administration... Première, ça vous oblige. Il faut emmener tout le monde. Comme j'ai géré les ressources humaines de Danone au niveau mondial, c'était l'occasion de faire progresser l'entreprise là-dessus."

"L'intérêt de la diversité, c'est justement de ne pas être tous pareils"

"Quelquefois, il faut un peu ruser, même si les mentalités bougent", raconte-t-elle. "Il y a une douzaine d'années, quand je suis arrivée au comité exécutif, une cinquantaine de femmes étaient parties et me demandaient de faire quelque chose. J'ai dans un premier temps réuni un groupe de femmes pour montrer qu'elles avaient de supers idées, elles avaient plein de choses à apporter. On a monté un programme où on parlait le matin des idées qu'on avait, et l'après-midi de pourquoi on ne peut pas les mettre en place."

Le PDG de Danone dit alors d'elle qu'elle est la seule "à avoir des couilles" dans son entreprise. "Il a un franc-parler, mais c'est lui qui a promu ce programme. Les blagues et le vocabulaire des garçons, ça ne me faisait pas peur." Mais pour elle, il ne faut pas "copier" les codes des hommes pour avancer. "Il faut savoir qu'on est pas obligées de le faire : l'intérêt de la diversité, c'est justement de ne pas être tous pareils. Il ne faut pas vouloir être bon élève, bon soldat, rentrer dans la case en croyant que ça va vous promouvoir : il faut oser ! Et il faut entraîner les autres : je crois beaucoup à la sororité et au mentorat."

Références

Programmation musicale

L'équipe

Pierre Weill
Production
Patricia Martin
Patricia Martin