Le volet logement du Conseil national de la Refondation : quelle ambition ?
Le volet logement du Conseil national de la Refondation : quelle ambition ? ©Getty - Christophe Lehenaff
Le volet logement du Conseil national de la Refondation : quelle ambition ? ©Getty - Christophe Lehenaff
Le volet logement du Conseil national de la Refondation : quelle ambition ? ©Getty - Christophe Lehenaff
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Redonner du pouvoir d’habiter, réconcilier avec l’acte de construire et faire du logement l’avant-garde de la transition écologique : trois thèmes discutés durant plusieurs mois avec l’objectif de trouver des solutions concrètes. Chantier de plus ou vraie boîte à idées pour l’avenir ?

Le logement est au cœur du Conseil national de la refondation qui a été lancé le 28 novembre à Paris par Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique) et Olivier Klein (ministre délégué à la Ville et au Logement). Un Conseil... pour quoi faire ?

Déjà pour tout mettre à plat. Pour dresser des constats et tenter de trouver des solutions concrètes. Sortir des crises du logement. Ambition sociale, économique, écologique. Ce Conseil réunit une centaine de personnes, des professionnels de la chaîne du logement mais aussi des élus, des architectes, des aménageurs, des institutionnels, des citoyens... Plusieurs réunions sont prévues. Il y a des consultations en ligne. C’est ouvert à toutes les bonnes volontés.

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Dans ce Conseil, trois grands thèmes sont abordés et déclinés, le 1er c’est « Le pouvoir d’Habiter »…

C’est déjà de pouvoir loger tout le monde. En France, il y a 2 millions 200 000 demandes de logement social en attente et 200 000 personnes en hébergement d’urgence tous les soirs.

Rendre le logement abordable et accessible. Parmi les leviers, le foncier, les coûts de construction. Savoir mobiliser du bâti existant et le transformer. Il faut une vision à long terme. Et ne pas hésiter à innover. L’une des animatrices de ce Conseil, Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes :

« C’est l’occasion d’être malin. C’est-à-dire qu’il va falloir proposer, provoquer, aller un petit peu plus loin en gardant à l’esprit que se loger c’est aussi habiter. Et c’est à prendre en considération. Donc, il faut regarder tous les modèles, les coopératives d’habitants, le bail réel solidaire... mais même d’autres choses qui n’existent pas encore et c’est là où je pense au volet malin que l’on pourrait avoir ».

Deuxième volet de ce Conseil, « Réhabiliter l’acte de construire ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est un peu ce que l’on voit depuis la période du confinement, un éloignement de certains élus et de riverains, de défiance vis-à-vis de la construction. Construire oui mais pas en face de chez moi ou pas dans le quartier, ça crée des nuisances, de la pollution etc. Et puis de nombreux maires, ont annulé, décalé des permis de construire depuis la période des élections municipales.

Quelles sont les premières idées évoquées qui permettraient de relancer l’activité ?

Il n’y a pas de baguette magique. Réconcilier l’acte de construire avec les habitants, échanger, concerter localement plus en amont, expliquer l’utilité des projets urbains, garantir que la qualité des constructions va dans le bon sens. Aider les maires bâtisseurs. Et puis reconnaître comme acteurs économiques à part entière des bailleurs qui investissent dans de nouveaux logements et qui permettent, non seulement de construire mais aussi de loger des gens. Créer un statut du bailleur privé. Pascal Boulanger, président de la fédération des promoteurs immobiliers, qui fait partie du Conseil, défend cette idée :

« On appelle cela le statut du bailleur professionnel. Il faudrait professionnaliser le particulier qui investit dans l’immobilier. C’était l’un des points de notre appel de Strasbourg. Il y a trop de changement de fiscalité. On est encore trop à la merci d’une loi Pinel, d’un changement... Il faudrait mettre en place un système du bailleur privé avec des avantages, comme un professionnel, afin de déduire certaines charges et surtout le faire de façon pérenne. »

3ème thème : Faire du logement l’avant-garde de la transition écologique

Démontrer que l’on doit bâtir différemment, bas carbone, innover, penser logement évolutif et nouveaux usages. Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes de France :

« Il va falloir faire des propositions sur la formation, sur la rénovation thermique des bâtiments, sur les filières de matériaux. Pour aider au développement de ventilation naturelle, d’inertie dans le bâtiment… Il y a tout un enjeu très fort pour permettre à ce secteur qui concerne 40 % des émissions de gaz à effet de serre, de devenir un secteur de pointe dans la transition écologique. »

Mieux construire et rénover demain là où sont les besoins. Produire du logement abordable. Plusieurs mois d’échanges et de consultations. Pour revoir les méthodes et tenter de trouver de meilleurs chemins. Résultat et synthèse de ce Conseil, dédié au logement, au Printemps prochain.

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