Projet Tebio à Bordeaux
Projet Tebio à Bordeaux - Atelier Canal Architecture, Elithis
Projet Tebio à Bordeaux - Atelier Canal Architecture, Elithis
Projet Tebio à Bordeaux - Atelier Canal Architecture, Elithis
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Parmi les nouveautés de l’année, en matière d’urbanisme et de construction durable, le premier permis d’innover a été déposé. Logements, bureaux, commerces, ou tout autre activité dans un bâtiment réversible, c'est désormais possible.

Le permis d’innover, c’est officiellement la possibilité de construire des bâtiments réversibles. Prévoir dès l’origine qu’un bâtiment pourra accueillir des bureaux, des logements ou tout autre activité sans avoir besoin de recourir à des permis de construire spécifiques. Pour uniquement des bureaux ou uniquement des logements.

Dans le domaine, surtout depuis la crise sanitaire, c’est une sacrée révolution. Quand on sait que transformer des bureaux en logements est parfois compliqué ( juridiquement, techniquement, économiquement).  La réflexion était engagée depuis longtemps. Et donc, le premier permis d’innover a été signé. 

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Alors, où, ce premier permis de construire sans affectation a-t-il été déposé ? 

A Bordeaux, quartier Euratlantique, en bordure de la Garonne. L’atelier Canal Architecture conçoit pour le compte de l'opérateur Elithis, un bâtiment composé de 9 étages.   Au total : 4000 m2 évolutifs qui pourront recevoir des habitants, des entreprises, des commerces ou n’importe quelle activité qui pourra changer, selon les arrivées et des départs des locataires. 

Et sur le fond, quelle est la promesse ? 

Reconnaître qu’il peut y avoir plusieurs vies, plusieurs usages pour un bâtiment et qu’il peut s’adapter, se transformer au fil des ans et des besoins.  Qu’on peut anticiper son évolution. Accompagner les mutations. C’est ça, la construction réversible. Et c’est donc désormais inscrit dans la loi. Il y a plusieurs dérogations. La première, toute symbolique, répond au principe de base. Patrick Rubin,  fondateur de Canal Architecture et, à l’origine du projet :

Nous avons déposé un permis il y a quelques jours où deux cases sont cochées : bureaux ou/et logements. C’est dans ce sens là que c’est novateur. Cela n’existait pas auparavant et cela suit très scrupuleusement les règles qui ont été édictées dans les décrets de loi.

Autre dérogation, qui répond à la sécurité en cas d’incendie.  Normalement, les règles de sécurité ne sont pas les mêmes. Que l’on soit chez soi ou dans des bureaux. Au final_,_ le bâtiment répondra à une détection incendie et tout le monde pourra emprunter des escaliers de secours. En tous les cas, construire réversible doit répondre à certains défis techniques et environnementaux. Patrick Rubin :  

On fait des immeubles qui, de plancher à plafond, font 2 mètres 70 de hauteur. C’est 20 cm de plus que le logement classique et c’est 50 cm de moins que les bureaux. Parce que dans les bureaux on n’y met pas de faux plafond. Dans les logements, on est bien content d’avoir 20 cm de plus pour respirer, pour prendre de l’air. Là, ce sont les bas d’étages. Sur l’épaisseur du bâtiment, il faut qu’il fasse 12 ou 13 mètres. Pourquoi ? parce que lorsque ce sont des bureaux, on peut travailler en open space ou bien avec des petits segments de bureaux mais dans les logements, c’est très important, car on a une double orientation.

Les escaliers sont prévus à l’extérieur du bâtiment...toiture végétalisée, partagée, panneaux photovoltaïque, bâtiment à énergie positive, auto suffisant, ce qui permet des économies d’énergie. Le bâtiment verra le jour en 2024. Il sera ensuite évolutif et pourra changer à tout moment.

Seule chose qui ne changera pas : le rez-de-chaussée. Il est prévu l’installation d’une crèche. Destinée aux enfants du quartier, elle…elle ne sera pas réversible.  

Aller plus loin 

Atelier Canal architecture 

Logements réversibles Bordeaux 

Groupe Elithis 

Livre construire réversible de Patrick Rubin Anne-Marie Fèvre 

Et si l'on transformait les bureaux vides en logements ?