Habiter demain, de l’imaginaire à l’acte de faire
Habiter demain, de l’imaginaire à l’acte de faire
Habiter demain, de l’imaginaire à l’acte de faire ©Getty - Westend61
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Résumé

Et si la crise sanitaire nous aidait à changer notre vision de la ville de demain ? C’est la question posée par la Biennale architecture et urbanisme qui se déroulera du 6 au 10 octobre à Caen. Le thème : "Habiter demain, de l’imaginaire à l’acte de faire."

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Durant 4 jours, des architectes, des urbanistes, des aménageurs, des philosophes, des voyageurs, des auteurs vont débattre avec le grand public de la ville de demain. L’idée étant de découvrir et partager des expériences en s’interrogeant sur la façon de vivre la ville. Il n’ y a pas de modèle urbain unique bien sûr… mais des réflexions, des orientations, des préconisations que la crise sanitaire a accéléré.

Lesquels par exemple ?  

Construire autrement, en tenant compte des évolutions sociales et environnementales. L’habitat, les espaces partagés, la mobilité. Penser réversible pour par exemple, transformer plus facilement des bureaux en logements. Avoir des bâtiments hybrides qui accueillent plusieurs activités. Concevoir des logements modulables, évolutifs dans le temps qui puissent s’adapter à nos modes de vies, favoriser l’accessibilité.  Apprendre à partager l’espace. Raisonner en terme de qualité d’usage.  Philippe Simay, enseignant, philosophe de la ville et de l’architecture : 

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Ce qui est important c’est de mettre la qualité des logements au centre de la réflexion et pas simplement d’avoir une approche quantitative ou numérique du nombre de logements que l’on produit en France. Comment l'on peut imaginer des logements qui soient plus écologiques au sens environnemental mais aussi social en faisant des habitants des gardiens des lieux, en impliquant les habitants, y compris dans le parc social. Là, il y a un enjeu de société qui est absolument fondamental. (Philippe Simay)

Construire la ville de demain, c’est construire une ville qui prend compte des enjeux climatiques, des circuits courts, des ressources, des matériaux utilisés. Une ville bas carbone pour tous. Mais sans oublier l’existant. Christine Leconte, architecte urbaniste et présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes.

La première chose c’est de se dire que le verbe construire ne concerne pas que le neuf.  Le verbe construire va concerner tout ce qui est déjà là. On sait que la ville de 2050 elle est à plus de 80/ 85 % déjà existante. La ville du futur bas carbone, c’est déjà celle qui ne va pas mettre de côté celle qui existe et qui va s’en servir comme support. La ville du futur bas carbone, c’est celle qui va être plus astucieuse et utiliser moins de matière. Nous, on dit souvent plus de matière grise pour moins de matière première. C’est celle-là en fait, la ville bas carbone. Elle va nous obliger aux astuces, aux réemploi, au recyclage, à l’adaptation. (Christine Leconte)

Inventer, tester, trouver des manières de mieux fabriquer la ville, l’architecture et l’urbanisme sont au cœur des enjeux environnementaux et sociaux. Avec en tête l’écologie urbaine et l’organisation citoyenne.  Philippe Simay : 

J’ai eu l’occasion d’aller dans un certain nombre de pays où les habitants s’organisaient, avaient les marges de manœuvres pour, par exemple, planter des bacs en pied de ce que nous appelons les grands ensembles. Une prise de conscience du vivant mais aussi des formes de solidarité sociale qui sont extrêmement intéressantes. C’est de l’écologie urbaine qui demande très peu de moyens. Mais qui rend possible une conscience partagée des enjeux de l’habitat.  (Philippe Simay) 

Philippe Simay et Christine Leconte seront présents à cette Biennale architecture et urbanisme avec des découvertes, des expos, des ateliers...et à noter qu’à cette occasion, l’écrivain Guillaume Nail va parcourir la ville de Caen à bord de son vélo cargo. L’idée : rencontrer – collecter - les récits et les désirs des habitants pour dessiner la ville de demain. 

Innover, prendre soin, donner du sens, imaginer. La ville n’est pas qu’un projet urbain, c’est un projet humain.

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L'équipe

Olivier Marin
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