Logement : le changement de lieu de vie est-il amorcé ?
Logement : le changement de lieu de vie est-il amorcé ?
Logement : le changement de lieu de vie est-il amorcé ? ©Getty - PeopleImages
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Résumé

Un an après le début de la crise sanitaire, les envies et les critères des Français en matière de futur logement ont évolué. Mais entre les désirs d’exode et la réalité, le changement de lieu de vie, est-il perceptible ?

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Il sera peut-être long et progressif mais le mouvement est en marche.  S’il n’y pas eu d’exode urbain massif vers des villes moyennes ou à la campagne, cette envie prend racine.  Les expériences de confinement, la quête de la santé, d’un meilleur confort, l’impact du télétravail, le pouvoir d’achat constituent les éléments révélateurs, déclencheurs…Si l’ampleur est encore difficilement mesurable, au bout d’un an, on commence à voir peu à peu se concrétiser cette tendance. 

C’est-à-dire que la mobilité est perceptible ? 

Dans les transactions tout d’abord, à travers les actes de ventes des notaires et les retours des réseaux immobiliers professionnels, dans les locations ensuite avec les agences locales. Toutes les enquêtes le confirment : les critères des ménages concernant leur futur logement plébiscitent une plus grande surface, davantage d’espace, que ce soit un extérieur ou un espace dédié au télétravail. Ils souhaitent habiter mieux. Quitte à s’éloigner d’une grande ville. 

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Mais de l’intérêt au passage à l’acte quels sont les éléments déterminants ? 

Gagner en qualité de vie, la possibilité de travailler à distance et une réalité économique. Pour les parisiens, le prix moyen d’un appartement est toujours à plus de 10 000 € /m2. Dès que l’on franchit le périphérique, les prix baissent de 20 à 40 %. En Ile-de-France, plus on s’éloigne de la capitale, plus les valeurs reculent. Et au-delà, il y a une série de villes, où l’on peut devenir propriétaire autour de 3 000 €/m2 en moyenne. Comme par exemple, Reims, Chartres, Orléans, les "villes cathédrales" qui ont la cote. Et puis la maison attire aussi de plus en plus notamment dans des villes de moins de 20 000 habitants. C’est ce que révèle cette semaine l’étude d’Opinion Way pour Seloger. Avec la région de la Normandie en tête devant le Centre-Val-de-Loire, et Bourgogne-Franche-Comté.

Alors, quels sont les freins à la mobilité ? 

Toutes les incertitudes (sanitaires, économiques, sociales) liées à la crise qui peuvent provoquer l’attentisme. Pas de visibilité. Il faut trouver le bien qui correspond aux attentes. Il y a le manque de constructions neuves. Et la décision de partir, de déménager, est longue. En couple, il faut être d’accord, il y a l’emploi auquel on s’accroche. La scolarité d’un ou plusieurs enfants qui peuvent être un frein à la mobilité. 

Cependant, pour la Chambre des notaires du Grand Paris, le mouvement est enclenché : un flux de départ est constaté. Mais il est progressif. Maître Thierry Delesalle, président de la commission de conjoncture immobilière :

Si ce flux de Franciliens, ou de Parisiens qui vont en Petite couronne et de Petite couronne qui vont en Grande couronne et des Franciliens en général qui vont vers la Province…est-ce que ce flux, globalement, va continuer ? Nous, on le pense.  Mais ce n’est pas un tsunami. C’est une vague qui est assez lente. Ce sont des décisions qui sont lentes. Et je pense que cela va durer comme ça, pendant 2, 3 ans__. ( Maître Delesalle)

Deux ou trois ans durant lesquels, les déménagements vont prendre forme. Ils sont d’ailleurs en hausse. Des villes moyennes et leur périphérie attirent ceux qui sont à la recherche de plus d’espace et de verdure comme le souligne l’enquête de la Fabrique de la Cité. 

La ville moyenne a la cote. Elle est vue comme une ville charnière, importante dans un parcours de vie. Et elle est vue comme un endroit où ça bouge. Du point de vue commercial, de l’innovation. Ça permet de remplir un projet de vie professionnelle et familial. Donc, oui les villes moyennes ont définitivement la cote dans l’esprit des Français. (Cécile Maisonneuve, présidente de la Fabrique de la Cité)  

Bien sûr, toutes les villes moyennes n’ont pas la même attractivité et le rééquilibrage des territoires n’est pas pour demain…Tout ce qui facilite la mobilité, le changement de vie comme les nouveaux usages avec le coliving, les nouvelles formes d’habitat partagé, le pied-à-terre (ou résidence) qui peut devenir semi-principal… appuient ce mouvement de fond. L’aspiration à un changement de lieu de vie pour une meilleure qualité de vie et une meilleure qualité de ville, semble faire son chemin. Lentement...mais sûrement.

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Olivier Marin
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