La longue marche des dindes de Léonie Bischoff d'après Kathlenn Karr
La longue marche des dindes de Léonie Bischoff d'après Kathlenn Karr - Rue de Sèvres
La longue marche des dindes de Léonie Bischoff d'après Kathlenn Karr - Rue de Sèvres
La longue marche des dindes de Léonie Bischoff d'après Kathlenn Karr - Rue de Sèvres
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"La Longue Marche des dindes", parle d’un projet fou, de préjugés et d’amitié ; c’est une grande aventure qui se déroule aux États-Unis à l’époque de la conquête de l’Ouest et elle a pour héros un orphelin de douze ans, extraordinairement sympathique, nommé Simon Green.

Quand on fait sa connaissance, Simon vient d’acquérir 1000 dindes !

Simon n’a jamais réfléchi à ce qu’il pourrait faire une fois sorti de l’école. Mais sa professeure Miss Rogers a foi en lui :

"Je crois que chacun ici-bas a un talent, Simon Green. Réfléchis-y de toutes tes forces et je suis sûre que tu trouveras ta voie."

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Et donc il décide d’acheter 1000 dindes, mais qu’est-ce qu’il va en faire ?

Les revendre à prix d’or, bien sûr, et faire fortune ! Mais pour cela, il doit d’abord les conduire, à pied, jusqu’à la ville-nouvelle de Denver, à plus de mille kilomètres à l’Ouest.

Ça paraît très ambitieux, comme voyage… Surtout à 12 ans !
Alors on lui rit au nez, car dans sa petite ville du Missouri tout le monde le considère comme un benêt. Mais Simon a ceci de particulier que sa naïveté lui évite de se poser trop de questions, ce qui le rend très optimiste, et efficace quand il a une idée en tête. Fin négociateur, il convainc son oncle rapiat de lui fournir ce dont il a besoin pour le voyage – un vieux chariot qu’il retape, des mules et une énorme réserve de maïs – et pour acheter les dindes, son institutrice accepte de lui prêter toutes ses économies.

Mais Simon ne part pas seul !

Il engage un charretier du nom de Bidwell Peece, qu’il trouve affalé devant le saloon et qu’il va garder ligoté et bâillonné dans une grange jusqu’à ce qu’il ait regagné sa sobriété. Son inséparable petit chien, Emmet, se sent déjà une âme de gardien de dindes. Et d’autres personnages les rejoindront en route, que je laisse aux lecteurs le plaisir de découvrir. Ce qui est sûr, c’est que ce voyage sur fond de glouglous sera l’occasion de nombreuses rencontres, bonnes ou mauvaises, et d’une foule de péripéties.

Tout l’imaginaire du Western est là : les feux de camp et les bains de rivière, les fusillades, les cavalcades, les grandes plaines et les ciels immenses… Mais le scénario met aussi en lumière des aspects tragiques de l’histoire des États-Unis, comme le sort réservé aux Indiens, la chasse aux esclaves ou les grandes épidémies.

Un très bonne adaptation du roman de Kathleen Karr, paru à l’École des loisirs en 1999.

La mise en images est très réussie, c’est beau, et la BD conserve vraiment l’esprit du roman. Les personnages sont tout aussi crédibles et attachants, on retrouve la même ambiance, la même langue savoureuse. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas lire aussi le roman, superbement traduit par Hélène Misserly, qui est une merveille. Disons que le format BD rend l’histoire accessible à des lecteurs plus jeunes, à partir de 10 ans, alors que le roman est à lire plutôt à partir de 13 : le rythme est plus lent, d’ailleurs le héros est un peu plus âgé, l’écriture est plus littéraire…

Mais dans les deux cas, c’est une aventure formidable et une lecture très réjouissante, pleine d’optimisme, qui nous rappelle que la réussite peut prendre bien des formes et que la confiance qu’on place dans les êtres fait souvent des miracles.